Bon d'accord je manque sévérement à mes devoirs de diariste. Mais j'ai des excuses absolument valables.
Tout d'abord et comme je le laissais entendre plus haut j'ai un boulot monstrueux. Quand j'ai rempli mon agrément d'études en France je me suis dit que franchement 9 heures de cours par semaine c'était peu, du coup j'en ai pris en plus. Autant dire que je les ai enlevés desuite.
Le semestre ici s'organise en 3 modules. Les cours peuvent être "short-modules" c'est à dire sur un seul module, auquel cas on l'a en moyenne 3 fois par semaine (dont un séminaire avec un essai à préparer). Ils peuvent également être "long-module" c'est à dire 1 fois par semaine avec un essai à rendre chaque semaine.
Donc en gros pour chaque séance de long-module on a un essai de 6-8 pages à préparer, lequel se base sur une littérature d'une taille variant de 40 à 120 pages, en anglais, évidemment. On a aussi un "final-paper" d'une vingtaine de pages pour décembre.
Concernant le short-module (économie politique) on a pour chaque séance (3 par semaine, suivez un peu) une littérature de la même taille à lire, et un essai à préparer pour chaque séminaire.
Autant dire que ça bosse dur. Bon ça présente quand même un avantage de poids : mon anglais explose, mon objectif étant évidemment d'arriver à la même capacité de pipeau par ligne qu'en français. Je vous raconte pas comme je suis heureux depuis que je sais dire nonobstant en anglais (notwithstanding). Ca ne m'est pas très utile à l'oral, mais mon anglais écrit a vraiment progressé. Et puis en dehors du vocabulaire que je fiche abondamment, les structures idiomatiques me viennent à l'esprit sans rien faire (vous me direz à 50 ou 100 pages par soir, vaut mieux...)
Quand je vois ceux qui sont à l'autre fac, qui se plaignent de lire 30 pages une fois toute les deux semaines, j'ai envie de pleurer.
Je vous raconte pas le bonheur de lire 40 pages d'anthropologie économique sur les paysans d'amérique du sud, le tout en anglais (bon grâce à ça j'ai un super vocabulaire fermier, si je veux me reconvertir dans une petite entreprise au Texas). Parfois c'était largement plus reposant un double cursus. N'empêche que je trouve leur système d'enseignement beaucoup plus formateur et intellectuellement enrichissant. En gros les cours servent à débattre de ce qu'on a lu, à le confronter à l'actualité. Et puis on lit les auteurs dans le texte et en VO, ce qui ne m'était jamais arrivé (je vous raconte pas Marx et Habermas en anglais). Dans les essais on nous demande notre opinion à nous. Bref tout cela change de ce que Bourdieu appelle "l'orthodoxie académique" (dédicace à M. Braem si vous me lisez), qui consiste à reproduire à l'infini les mêmes pages de manuels (René Chapus si vous me lisez de là-haut, je vous aime) pour en tirer des plans mijorés oui/non/peut-être-si-la-conjoncture-actuelle-le-permet.
Aujourd'hui c'était exposé d'économie avec Paul, on a mitonné un petit powerpoint des familles pendant toute la nuit. Faut dire que les lettons sont pas encore très au point sur les exposés ils se tiennent en demi cercle et lisent leur notes. Du coup avec notre powerpoint et en parlant sans lire on a remporté un franc succés, et même les premiers applaudissements de l'année. Drôle sensation de parler sans notes en anglais, si j'aime à le faire en français, c'est difficile dans la langue de Willie, surtout quand le vocabulaire est super spécifique (ma partie était sur Jevons et Bentham tout un programme, ce qui donne : the marginal utility of a specific good is decreasing accordingly to its paucity") mais bon c'était quand même intéressant.
Par ailleurs dans ma prochaine note (j'ai décidé d'arrêter pour un temps les notes sur l'alcool et tout ça) je vous raconterai comment Paul et moi avons fini totalement pliés à 7h du mat à jouer au billard avec notre prof d'économie.
Sinon j'ai un autre prof en "culture politique européene" (au passage une matière absolument passionante) qui parle anglais parfaitement, letton, russe, allemand, finnois et français. Du coup il veut absolument me parler en français, mais bon son français est un peu limite (enfin on ne saurait lui reprocher..) du coup c'est gênant, je comprends mieux quand il me parle en anglais. Enfin bon pour vous raconter l'étendue des connaissances du type, on a parlé pendant une demi-heure de la terreur et du 1er empire.
A part ça petite info au passage mon adresse est la suivante :
10/1 Reznas Iela, Riga, Latvia. Si vous voulez m'envoyer au choix :
-des lettres d'amour (pour vous mesdames)
-de la soupe aux asperges et des kinders (pour mère)
-des livres en français
-de l'argent (ben... pourquoi pas)
-de la drogue (après la note précédente certains vont croire que c'est vrai)
-des photos de votre chien ("trop mimi")
-le DVD du crit (sortira-t-il un jour ?)
Ne vous privez pas.
Enfin je crois que j'ai trouvé mon sujet de mémoire "la transmission mémorielle de l'époque soviétique dans l'enseignement primaire en lettonie". Me demandez pas pourquoi, je répondrais "comme ça". Ouais, je suis un mec comme ça.
Bon je vous laisse, j'ai deux essais sur le feu pour demain matin.
BO : JB (pas le Whisky) Lully - Phaeton
lundi 17 septembre 2007
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1 commentaire:
Ah enfin un nouvel opus !!!
Bisal "dudy"
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