lundi 24 mars 2008

Partir de Riga.

Chacun d'entre nous quand il part, sait qu'il devra repartir. Clause d'un contrat que personne n'ignore tout en essayant, bien souvent de l'oublier. Ce fut surtout l'avant qui fut difficile, la fête d'au revoir, le restaurant avec mes plus proches camarades, la dernière soirée. Surtout que rester un peu plus que le premier semestre et de fait rencontrer les étudiants du second semestre n'était pas forcément une bonne idée. Parce que il y a des gens de valeur partout, et que les liens se créent vite.
La dernière soirée étaient avec eux, et après force embrassades vers les 1 heures du matin (je devais me lever à 8h) je réalisais en me retournant que je ne pouvais pas partir, pas maintenant. C'est finalement bien plus tard et une nouvelle série d'adieux que j'arrivais finalement à lever les voiles, pour rentrer chez moi et dormir un petit peu. Triste pour les gens, pour les souvenirs, pas tellement pour la ville au fond. Et le fait d'avoir des perspectives (Toulouse, Paris, Buenos Aires) aidant, c'est sans trop accuser le coup que je suis monté dans mon avion pour Paris (avec 40 kg de bagages en trop, heureusement que les souvenirs et bon moments sont légers). Dernières étreintes avec ma famille de là-bas, trajet en bus, je réalise que je parle sûrement letton pour la dernière fois. Puis je regarde les côtes de la mer du Nord qui défilent, Lettonie, Lituanie, Pologne, Allemagne, et puis sûrement la Belgique où les Ardennes. Longue course dans Roissy, et je ré-enregistre pour "Toulouse". Un peu perdu dans le temps et dans l'espace, le Sébastien. 7 mois après je foule le sol français, c'est un déluge sensoriel (notamment auditif, quelle horreur de comprendre tout ce qui se dit autour de soi). Je regarde les gens qui partent pour là-bas, les couples qui se séparent et se reforment, les hommes d'affaires entre deux avions, les routards un peu perdus. Heureusement que je repars bientôt, pour cette fois.
Et puis Toulouse approche, simplement heureux de retrouver ma famille, mes amis, le soleil et le ciel bleu et le pain. Petit voyage dans le passé, comme une après-midi passée à siroter un coca place Saint-Georges, ou une soirée à refaire le monde avec Charlie. Puis Paris, à nouveau, avec Messieurs mon Père et mon Frère, une longue promenade solitaire rive-gauche, comme toujours, et le RER qui file, un avion pour Madrid, un 747 pour Buenos Aires, l'océan Atlantique puis l'Amérique du Sud qui défilent, comme dans vol de nuit. Et la ville, immense, qui s'approche.

Maistout cela, ce sera ailleurs, parce qu'écrire en son nom propre c'est perdre un peu de sa liberté. Merci à tous en tout cas pour tous vos retours qu'ils eussent été favorables ou moins, j'ai toujours apprécié ces échanges.

Hasta luego, por aqui o por alli.

La Lituanie



Début de ma dernière semaine à Riga, il me fallait tout de même visiter le 3éme des pays baltes. Après un coup de fil à Simas qui étudiait avec moi à Riga, nous convenons de retrouver le lendemain à la gare routière de Vilnius. Après un voyage de cinq heures sans encombres, me voilà dans la seule capital balte n'étant pas littorale, et qui a longtemps été polonaise.

Je ne vais pas m'étendre sur la visite des sites où encore du musée d'art moderne. Tout valait le coup, mais cela ne saurait trop différer de mes autres comptes rendus. Je voudrais plutôt ici m'intéresser à la principale différente avec les autres pays baltes : les gens.
Riga et Talline faisaient partie de la ligue hanséatique, et sont donc des ports de commerçant. Vilnius, elle a toujours été une ville d'intellectuels. Son université longtemps influencée par la nombreuse diaspora juive fut et demeure très réputée notamment pour ses humanités. De nombreux artistes et intellectuels sont nés ou passés à Vilnius, tels Romain Gary qui y naquit ou Stendhal qui y séjourna.
De fait, j'ai trouvé cette tradition intellectuelle se répercutait sur l'homme de la rue. Si à Riga je trouvais les gens souvent superficiels et préoccupés principalement par l'exposition frénétique de signes extérieurs de richesse, l'habillement ou le comportement des lituaniens m'a semblé beaucoup plus réfléchi, de meilleur goût en somme.
Si les lettons passent leur vie à fuir le regard des autres, les lituaniens n'hésiteront pas à vous regarder et à vous parler, comme une manifestation d'un orgueil à juste titre gonflé par une histoire nettement plus centre-européenne que les deux autres pays baltes. Chez les étudiants, le sourire est de mise, et l'anglais aussi.


Entrée d'un université : don't take your guns to town son.



Je ne peux pas vous parler de Vilnius sans vous parler du quartier d'Uzupis, qui illustrera bien - je pense- les développements antérieurs.
Ce quartier à la chute du communisme et à l'indépendance était l'un des plus pauvres et délabrés de Vilnius. De fait s'y installèrent majoritairement des artistes et des marginaux.
De fait, en 1992, le quartier proclama son indépendance de la Lituanie mère, établit un poste de frontière symbolique sur le pont, une armée de 6 personnes et une ambassade à Moscou. Fut aussi édictée une constitution, dont le ton mi-comique mi-utopiste m'a laissé en admiration.
"les gens ont le droit de vivre près de la rivière Uzupis, et la rivière Uzupis a le droit de couler près des gens", "chacun a le droit de mourir, mais ce n'est pas une obligation", "tout le monde a le droit d'aimer", "un chat a le droit de ne pas aimer son maître mais lui doit toutefois assistance en cas de necessité" et les derniers articles plus politisés "ne te rends pas". Le lien vers la constitution (en anglais), ici :

Bref une chouette (mais courte) expérience dans une ville définitivement plus intéressante que Riga ou Tallin.

lundi 4 février 2008

Comme une poignée de monnaie.

Aujourd'hui, il faisait beau. Alors je suis sorti, errer, sans but. J'ai pris un tramway, au hasard, faire un tour dans la ville. Et puis je suis allé au marché Russe, celui que je traversais chaque matin, sur mon chemin pour l'université. Puis une marche au hasard, dans la ville, j'ai levé la tête, ce que je ne faisais plus, l'habitude faisant. Feignant.

Je vais partir.

Samedi je suis sorti un moment, dans le bar erasmus. J'ai rencontré des nouveaux erasmus. Ils sont beaux, jeunes, captivés par le vaste champs des possibles qui s'ouvrent à eux. Et puis ils m'ont demandé "alors tu étudies où à Riga ?".
"Je pars, dans quinze jours."
Soupir.



Hier, encore, je débarquais à l'aéroport, chargé comme une mule. Il faisait beau. Un jeune allemand me serrait la main, Paul. How are you ? Fine, you.. ?
I'am fine, yeah.
Tout était possible. C'était aussi excitant qu'inquiétant.

La ville est belle. Kristian Barona iela (rue), endless perspective. Tu te souviens, toi ?
Et la boulangerie française, petit déjeuner après une longue nuit à danser près du port ? Et Paul qui essaye de "free-kick" un pigeon, et qui s'étale ?
"Je suis un croissant, donc je suis"



Le Tramway 4, celui qui commence Boulevard de l'Indépendance et qui finit à Tallin quand la routine nous pése... Renommé Boulevard Jean-Paul Sartre (Janis Pauls Sartre pour être précis). Existentialisme.

I'll do a graffiti if you sing to me in french. Yeah.

Et les aprés-midi avec Fejedor (Dostojeivski) à boire du thé, vautré dans les coussins du salon de thé. Les nuits sans sommeils, écrire des essais. Notwithstanding, ouais. L'anthropologie. Se faire peur. Je deviens vraiment marxiste. Se souvenir d'Eymeri "Marx a dit que si c'était ça le marxisme il n'était pas marxiste". Me voilà rassuré, good night and good luck.

Les musiques d'ici et de là-bas, comme un pont. Et souvenirs associés. Et les buggles chantent "video killed the radio star, in my mind and in my car, we can't rewind we went to far". Ouep. Pendant ce temps là Carla Bruni chante le plus beau du quartier.
Je ne crois pas non.

Les pokers et les films pendant les longues nuits. I am all-in. Hell yeah. Utterly.

Et Saint-Petersbourg, le long voyage, le plus beau voyage. Andréas qui râle car a encore pris du ventre, et j'essaye de le taper pour qu'il se taise, mais il est plus grand.
Tu vas pleurer quand je vais partir. Non TU vas pleurer.
Je suis Italien, je vais pas pleurer. Mais t'es pas Italien t'es du sud-tyröl et tu parles un dialecte germanique... 1m87 de sensibilité, j'aime voir les larmes dans ses yeux quand il me parle de sa copine. Restée là-bas. Here and there. là bas.

Je pense à mon nouveau là-bas. Partir du nid, encore, et en reconstruire un nouveau. Pas de doute ce sera chouette. Et pourtant...


Je ne pourrais jamais expliquer pourquoi c'était si unique, ici. Vous voilà avec quelques indices.
Outstanding dear, Oustanding.

mardi 22 janvier 2008

Finlande et Estonie.

Lundi matin je partais à l'aéroport sous un léger soleil letton. Le coeur étant en ce moment à la mélancolie et au sentimentalisme, c'était avec une boule dans le ventre que je traversais cette ville qu'il me faudrait quitter le mois suivant.
Après un enregistrement et un vol sans problème je me retrouvais à Helsinki (et surtout après avoir vu le ciel bleu au dessus des nuages, je pensais désormais que c'était un mythe).
Ensuite il s'agissait de prendre la navette aéroport pour rallier le centre ville, et y retrouver Nisa. Comme convenu elle était au rendez-vous et on partait chez Ville (un autre des voyageurs que j'avais rencontré à Prague il y a bientôt 3 ans, présentateur d'une émission pour enfants sur la TV finno-suédoise) poser nos affaires.
Bon je vais vous la faire courte. Si vous voulez voir de l'architecture, du baroque, de l'art nouveau ou encore de l'hausmannien, n'allez pas à Helsinki.
Par contre (surtout si vous habitez à Riga) si vous voulez voir une ville à l'atmosphère tranquille, aux gens métissés (j'avais oublié à Riga, vraiment..), souriants, sympathiques et qui parlent mieux anglais que vous, allez à Helsinki.



Après une petite promenade dans le quartier principal, on fait un peu de shopping. Une librairie ou le rayon littérature en français est immense et où les livres anglais sont pléthore, quelques courses pour le dîner. D'ailleurs je tiens à ce moment de la narration à souligner combien l'anglais des finlandais (et ne vous avisez pas de dire scandinaves) est impeccable. Je demande du saumon en anglais, et le marchand de poisson de me répondre "certainly lad, fancy something else ?". C'est une caractéristique générale, tout le monde parle un très bon anglais (le chauffeurs de tram, les jeunes, beaucoup de quadra-quinqua également..).

Dans un suprmarché (sisi..)

Le soir on sort pour une bière ou deux, évidemment ça change des prix de Riga, Ville nous présente des amis. J'apprends à cette occasion quelque chose sur la Finlande, il y a une grosse minorité qui y parle le suédois et c'est une langue officielle (6%). Me voilà ainsi introduit dans les cercles finno-suédois d'Helsinki. Voilà donc ça change de Riga, les jeunes parlent comme des bilingues (j'insiste, mais bon.. c'est vrai que EUX ont les séries et les films en anglais, ça aide...), sont gentils, souriants, curieux. Super bonne soirée donc, qui s'achéve autour d'une bouteille de vin.

Le mardi réveil aux aurores pour moi (9h30, donc) et départ vers le port où l'on prend un petit bac pour l'île de Suomenlinna. Il fait gris, ça ressemble à une île fantôme mais c'est très joli tout de même.

On marche un long moment dans le froid avant de repartir vers la ville.
De là, et c'est une tradition avec Nisa on se dirige vers le musée d'art moderne de la ville, très très sympa. Je trouve les nordiques relativement transgressifs dans leurs créations, et sans tomber dans la psycho-sociologie de comptoir, ça me semble une conséquence relativement logique du poids des normes et des conventions dans leur sociétés, qui sont très encadrées.


Votre serviteur dans une oeuvre d'art interactive
Ensuite c'est l'heure du départ pour Tallin, après une rapide douche on se rend sur le Ferry au départ pour l'Estonie. C'est une espèce d'immeuble qui flotte, avec des cafés, une boîte, des machines à sous et SURTOUT un duty-free. Je retiens mal mon dégoût quand une fois les eaux territoriales quittées je vois tous ces sexagénaires se jeter le plus vite possible sur les alcools et les cigarettes à prix cassés... certains avaient même prévus des espèce de chariots pour les ramener à la maison. Bref.
C'est en semaine donc pas trop de jeunes, la boîte ressemble à une guinguette du côté de Brive-la-Gaillarde, et je vais me coucher sans me demander mon reste. Après 3 heures de traversées notre ticket nous permet de rester dans notre cabine jusqu'au matin et c'est à 7 heures du matin que l'on quitte le bateau pour aller trouver un café pour petit-déjeuner.
Après une longue marche dans la ville que je reconnais à peine (j'étais fatigué la dernière fois), je retrouve enfin le salon de thé le plus chouette de la terre.
A Talline y'a des lumières la nuit.
:)

Là bas je demande à la serveuse où trouver de l'art moderne à Talline et c'est reparti. Là aussi les gens sont plus sympas qu'à Riga, et on nous indique bien volontiers le chemin jusqu'à ce musée.
A l'intérieur du musée
Réalisme soviétique

Et là bonheur, il y a une expo Miro en plus des galeries permanentes déjà fournies. J'y tourne un moment, avant d'aller avec bonheur contempler de l'art issu du réalisme dirigé soviétique.
Puis retour en ville, déjeuner dans un monument de la cuisine rapide mondiale (mince, on avait que 10 heures dans la ville), et promenade sur les hauteurs de la vieille ville. Vraiment magnifique.
La vieille ville vu d'en haut et le quartier des affaires, au fond.
Vue du port

Puis c'est le retour au Ferry, je dors sans plus de commentaire jusqu'à Helsinki ou après une douche il est temps de se rendre à un concert avec toute une bande de finlandais. Les groupes sont plutôt indie/rock, chantent en anglais et c'est TRES bon (je recherche leur myspace). On fait correctement la fête, et j'apprends mon premier mot finlandais (krapula, gueule de bois, mais pas pour moi, haha vous croyez pas que je vais raconter dans mon blog à chaque fois que je suis saoûl).
Retour à la maison, gros dodo, et le matin je m'en vais, après avoir dit aurevoir à Nisa (on s'est promis de se voir en Australie la prochaine fois), ferry jusqu'à Tallin (encore), puis bus jusqu'à Riga (8h en tout), où j'arrive repu mais content de ce chouette voyage de plus et de toutes les chouettes rencontres faites à Helsinki.

Pour mon plus fidéle lecteur, là-haut.

lundi 14 janvier 2008

No surprises.

Bon, voilà, j'en ai terminé avec la fac, je peux maintenant me consacrer à une exploration en profondeur de la Lettonie et des pays frontaliers. Je pars dans une heure en Finlande et en Estonie où je rejoins Nisa, mon amie Australienne à Londres en ce moment et que j'avais rencontré à Prague il y a deux ans (c'est beau l'Europe).

Je n'aime pas spécialement cette période, j'ai l'impression d'être passé si vite de l'excitation des débuts et des rencontres à la tristesse des adieux, ou des aurevoirs, selon les cas. C'est comme cela, je m'y attendais et je ne peux rien y faire. Cela fait aussi toute la beauté de la chose. J'en reverrai certain, je le sais, et Paul, Benjamin, Andréas, Ragnhild ou Thomas ont tous été comme ma famille, ici.

Hier j'ai du dire aurevoir à Andréas qui fut mon roomate pendant 2 mois et demi, mon compagnon de voyage, mon confident, en un mot ce fut dur. Alors comme deux hommes du sud, on en a rien montré, et on s'est vaguement étreints, comme l'on le faisait à chaque fois. Mais c'est avec une boule dans la gorge que j'ai remonté la rue qui me menait chez moi. "Tu payes pas.. - mais si, c'est bon tu me paieras le prochain en Suisse ou en Italie..".

Andréas c'était l'homme avec qui je discutais des nuits entières alors qu'on avait cours le lendemain, parce qu'on ne pouvait jamais s'arrêter de parler. C'était celui qui lisait sur mon visage quand ça n'allait pas, c'est celui qui m'amenait du potage quand j'étais malade. Grâce à lui je sais désormais qu'il y a une minorité germanophone en Italie (Le sud Tyröl). C'était celui grâce à qui ma prononciation de l'anglais à progressé, et qui corrigeait gentillement mes intonations franchouilardes. C'était celui qui essayait de parler français, et sortait des phrases aussi drôles que "je suis un pingouin très érotique". C'était celui qui m'appelait Foucher parce qu'il pensait que ça voulait dire "f**er" en français. C'était celui qui invariablement me disait "bonne nuit Grand Foucher" avant de dormir, ce à quoi je répondais invariablement "bonne nuit Petit Foucher". C'était un anglais parfait, une large culture, une mine à anecdotes et à statistiques bizarres (c'est ainsi que je sais quasiment tout désormais de l'organisation administrative des régions italiennes ou canadiennes). C'était nos longues soirées avec du thé, à regarder californication ou divers films. C'était mon petit frère et mon grand frère. C'était celui qui pendant des heures essayait de m'apprendre l'allemand ou l'italien. C'était son sourire franc à chaque fois qu'on se croisait. C'était celui qui essayait de me taper avec un poisson, mais qui m'apportait de l'aspirine quand j'avais la gueule de bois. C'était nos éternels plans pour devenir riches et puissants ("mon foucher tu seras le président"), c'était nos sorties, c'était la façon que l'on avait de veiller l'un sur l'autre, c'était celui qui a remué ciel et terre quand j'avais "disparu", à Tallin, et qui n'en a rien montré quand je suis rentré. C'était enfin, et heureusement, nos éternels projets pour se voir, quelque part dans le Tyröl ou en Suisse, quand je parlerai allemand et qu'il parlera français.


Arrivederci mi fouchenitto :)


lundi 31 décembre 2007

2007

Je sais que je n'ai pas été un diariste très assidu ces temps derniers. Je n'ai pas d'excuse valable, j'avais les examens, certes, mais ce n'est pas tellement pour ça que je n'ai trouvé ni le temps ni l'envie d'écrire par ici.
Pour les dernières nouvelles, j'ai déménagé en centre-ville, ça me change de ma banlieue soviétique, et je peux enfin rentrer à pied le soir sans craindre quoi que ce soit.

J'habite avec 4 allemands, j'aime bien ma colocation. D'abord ma chambre est super grande et a d'immenses fenêtres. Ensuite notre cuisine est super bien aménagée, et c'est toujours avec plaisir que je retrouve Alexandre,Kathrina, Benjamin ou Gunar, le soir. Pas forcément besoin de parler, on partage souvent un thé, chacun lisant le journal ou vaquant sur son ordinateur, juste histoire d'être ensemble. Une petite vie de famille, en sorte, ce qui fait plaisir dans l'hiver letton, ses 90 jours avec 3 ou 4 jours ensoleillés, et la nuit qui tombe à 15h30.

J'ai fêté Noël au fin fond de la Lettonie, dans une maison d'hôte louée pour l'occasion, au milieu de nul part. J'appréhendais un peu de me retrouver loin des miens, et finalement ce fut un Noël très chouette, très doux. L'endroit était magnifique, comme hors du temps, hors de la ville. Et les gens (8) étaient ceux avec qui je partage ma nouvelle vie, depuis 5 mois. De chouettes repas, un peu de vin, des éclats de rires, des promenades dans le froid, des batailles d'oreiller; tout fut parfait.



A part ça, la vie continue. Je dirais que ce semestre, en 5 mois, c'est comme 5 ans de vie. Tellement les choses sont vivantes, mouvantes, surprenantes, intenses. Des gens passent, d'autres s'en vont, on sourit, on rit, on pleure, on se dit qu'on se reverra, on sait pas trop, au fond.
On sort beaucoup, on travaille un peu, on fait des trucs fous, on va à l'opéra toutes les semaines, on Vit, quoi.

A tous une très bonne année et beaucoup de bonheur.

Sébastien.

BO

mercredi 28 novembre 2007

Who the f**k said rock & roll was dead ?

Ca a débuté comme ça. Un soir, un thé, pas vraiment envie de se séparer. Vient on prend un tramway au hasard, on verra bien. Passer devant la gare routière, avoir la même idée. Les portes se ferment, arrêt d'après, descendre. Courir le long des lignes de tram, rire. T'as ton passeport ? Vérifier tous les horaires, partir, quelque part. Tu l'as vu Before Sunrise ? Oui, mais comment tu sais que j'y pensais ? Ok, Tallin, Estonie. 8 minutes, trouver de l'argent et des billets. Monter dans le bus, 30 minutes de fou rire. Riga défile derrière la vitre, et on rit aux larmes de ce bon tour. On peut pas acheter d'alcool après 22h. Pays de merde. Minuit, un long tunnel boisé de 500 km. Tu verras, il neigera je le sais. Plus de batteries sur les portables, pas grave, il tournera sans nous. Ils s'inquiéteront jusqu'à qu'ils découvrent qu'on est deux à manquer à l'appel.
4 heures du matin, désert humain, ne pas savoir où on est, pas d'argent. Distributeur, un taxi. Downtown, wherever. Oh, il neige. Rues vides, errances, rires. -5C°, et un juste un petit pull et un manteau. Un bar ouvert, vite. Pas de champagne ? Vin pétillant, 5h40, pas mangé. Tu crois qu'on peut dormir sans se faire jeter ? Non, pas trop. Discuter, rire, toujours. C'est l'heure du petit-déj. Salon de thé, jazz, gros canapés. What a wonderful world de Louis Amstrong. Allez dort 20 minutes discrètement. Ecrit quelque chose dans mon "thoughts book". 20 minutes, 3 mots "Just my (our) imagination(s)". Pendant ce temps là Riga s'éveille. S'en foutre. Rire, encore. Promenade dans la ville. Neige, toujours. Froid. Patinoire en plein air, rien que pour nous. Ah, tu sais patiner en arrière ? Ouais, backwards, backwards. Salon de thé dans une sorte de cours des miracles, bougies, yeux qui se ferment, traits tirés. Pas grave. Dessiner et écrire des mots au hasard. On va à Helsinki ? Non, faut rentrer, examen. On s'écrit des cartes postales, et on les poste. Tramway, gare routière. Bus, 5 heures, 500km. Voilà. Riga défile dans l'autre sens 22h. Here we are, devant l'arrêt de tramway. 36 heures sans sommeil, 24 heures depuis qu'on s'est rejoints pour boire un thé, 1000 km.

Que faisiez vous pendant ces 24 heures m'a-t-on demandé.
J'ai Vécu.