lundi 14 janvier 2008

No surprises.

Bon, voilà, j'en ai terminé avec la fac, je peux maintenant me consacrer à une exploration en profondeur de la Lettonie et des pays frontaliers. Je pars dans une heure en Finlande et en Estonie où je rejoins Nisa, mon amie Australienne à Londres en ce moment et que j'avais rencontré à Prague il y a deux ans (c'est beau l'Europe).

Je n'aime pas spécialement cette période, j'ai l'impression d'être passé si vite de l'excitation des débuts et des rencontres à la tristesse des adieux, ou des aurevoirs, selon les cas. C'est comme cela, je m'y attendais et je ne peux rien y faire. Cela fait aussi toute la beauté de la chose. J'en reverrai certain, je le sais, et Paul, Benjamin, Andréas, Ragnhild ou Thomas ont tous été comme ma famille, ici.

Hier j'ai du dire aurevoir à Andréas qui fut mon roomate pendant 2 mois et demi, mon compagnon de voyage, mon confident, en un mot ce fut dur. Alors comme deux hommes du sud, on en a rien montré, et on s'est vaguement étreints, comme l'on le faisait à chaque fois. Mais c'est avec une boule dans la gorge que j'ai remonté la rue qui me menait chez moi. "Tu payes pas.. - mais si, c'est bon tu me paieras le prochain en Suisse ou en Italie..".

Andréas c'était l'homme avec qui je discutais des nuits entières alors qu'on avait cours le lendemain, parce qu'on ne pouvait jamais s'arrêter de parler. C'était celui qui lisait sur mon visage quand ça n'allait pas, c'est celui qui m'amenait du potage quand j'étais malade. Grâce à lui je sais désormais qu'il y a une minorité germanophone en Italie (Le sud Tyröl). C'était celui grâce à qui ma prononciation de l'anglais à progressé, et qui corrigeait gentillement mes intonations franchouilardes. C'était celui qui essayait de parler français, et sortait des phrases aussi drôles que "je suis un pingouin très érotique". C'était celui qui m'appelait Foucher parce qu'il pensait que ça voulait dire "f**er" en français. C'était celui qui invariablement me disait "bonne nuit Grand Foucher" avant de dormir, ce à quoi je répondais invariablement "bonne nuit Petit Foucher". C'était un anglais parfait, une large culture, une mine à anecdotes et à statistiques bizarres (c'est ainsi que je sais quasiment tout désormais de l'organisation administrative des régions italiennes ou canadiennes). C'était nos longues soirées avec du thé, à regarder californication ou divers films. C'était mon petit frère et mon grand frère. C'était celui qui pendant des heures essayait de m'apprendre l'allemand ou l'italien. C'était son sourire franc à chaque fois qu'on se croisait. C'était celui qui essayait de me taper avec un poisson, mais qui m'apportait de l'aspirine quand j'avais la gueule de bois. C'était nos éternels plans pour devenir riches et puissants ("mon foucher tu seras le président"), c'était nos sorties, c'était la façon que l'on avait de veiller l'un sur l'autre, c'était celui qui a remué ciel et terre quand j'avais "disparu", à Tallin, et qui n'en a rien montré quand je suis rentré. C'était enfin, et heureusement, nos éternels projets pour se voir, quelque part dans le Tyröl ou en Suisse, quand je parlerai allemand et qu'il parlera français.


Arrivederci mi fouchenitto :)


Aucun commentaire: