Comment votre serviteur, prêt à tout pour vous faire découvrir la Lettonie s'en est allé tester les affres de la médecine post-communiste en ex-URSS.
Sur un ton moins heroïque, j'étais vraiment malade et je suis donc allé chez le médecin. Après un coup de fil à la fac pour avoir le numéro d'un médecin parlant anglais, je partais un peu fébrile dans le bus m'emmenant en centre-ville. J'étais reçu par une blonde, assez sèche qui me demande directement "vous êtes toujours aussi maigre ?", "votre peau est toujours aussi grise ?".
Bon après les violentes palpation de rigueur (j'avais mal à la gorge, hein..), elle me demande (je laisse en anglais ça sonne mieux) "so, have you had some risky sexual intercourses recently" (avez-vous eu des rapports sexuels risqués récemment), je tente par un peu d'humour pour la dérider : "can't remember, was high on heroine" (je ne me rappelle pas j'étais shooté à l'héroïne", ce qui ne la fait pas rire du tout, mais alors pas du tout.
Puis cela tombe comme une sanction : prise de sang. Donc on me conduit à une infirmière qui aurait aussi bien pu torturer les opposants politiques en 35. Ne parle pas anglais. "It is ok". J'enlève ma manche, regarde ailleurs. CRAK. "f**k that" (oui je jure en anglais maintenant, même dans ma tête, enfin la plupart du temps).
Je comprends là la finalité de la médecine lettone : faire diversion pour mieux guèrir "t'avais mal à la gorge ? ha ben t'as mal au bras maintenant". Ca plus l'intimidation et le fait de ne pas rire à mes blagues très drôles au demeurant, et j'ai eu l'impression de sortir des locaux de la Stasi.
Bon bref je m'en sors avec des antibiotiques, des anti-inflammatoires ("ne vous inquietez pas si vous avez mal à l'estomac" : "ouais ouais j'ai bien compris encore votre truc de diversion là") et le droit de sécher une semaine d'université (dont je n'ai usé que pour deux jours). Après ça j'ai dormi pendant 48 heures, interompu de temps en temps par mes camarades (dont Andrea m'apportant de la soupe en chantant la marseillaise ou Swaäntje m'apportant un livre).
Pas une seule bière pendant la semaine entière, un bien triste événement.
Vendredi examen de letton je l'ai eu avec 73% c'est pas trop mal ceci étant j'aurais pu mieux faire, car je n'ai pas pu réviser (bon ok, pas la peine de dire que j'aurais pas révisé dans tous les cas c'est pas drôle).
Le week-end c'était le week-end d'intégration de mon université, quelque part à la campagne en Lettonie. Donc nous sommes partis, les 8 erasmus de mon programme et moi même dans un bus pour 50 personnes avec la responsable de notre intégration. Sur place nous attendaient une centaine de "freshmen" (premières années) lettons. Donc le premier soir ce fut un concours de danse et de chant (j'étais dans une équipe qu'avec des lettons j'ai donc du parler et chanter en letton et en russe, un grand moment de folklore mais qui m'a permis d'emporter l'estime des locaux, surtout que j'étais totalement à jeun). Ensuite soirée dansante, c'était vraiment chouette, tout le monde venait nous parler et discuter, de bons échanges. Couché vers 6 heures du mat dans un bungalow (heureusement Benjamin m'avait prêté un sac de couchage sans quoi je mourais congelé, avouez que c'eut été ballot), on se léve à 10h pour une journée sportive par équipes. Je crois qu'on a fait une prestation minable même si je me suis bien débrouillé au tir à la carabine. Sur ce remise de récompenses et retour éreinté sur Riga. Là j'intégre ma nouvelle résidence.
Bon comment dire... Je vis en plein quartier russe, c'est un assez dangereux. Je suis dans un immeuble de deux escaliers de 9 étages, au 7éme. A mon étage y'a des sri-lankais qui cuisinent avec leur épices (donc cuisine inutilisable) qui crient et raménent des prostituées. Toute une ambiance, m'enfin ils sont sympas tout de même. Comme ces couillons de la résidence ont perdu ma réservation je suis en chambre double (c'est la mauvaise nouvelle), mais je suis seul (si vous avez bien suivi c'est la bonne nouvelle). Je suis à 40 minutes de la fac ce qui me donne l'occasion chaque matin d'écouter les podcasts (merveilleuse invention qui sauva la santé mentale de plus d'un français perdu dans un quartier russe) de france inter et de france culture. Ceci étant j'ai l'air de me plaindre comme ça mais c'est quand même chouette, je suis avec tout le monde des cours de lettons, des repas s'improvisent tous les soirs, on se skype pour tout et pour rien (autre merveilleuse invention), et je passe mon temps à aller boire une bière ça et là.
Demain je vous raconterai comment mon cerveau est soumis à dure épreuve et qu'un simple cursus à Riga vaut bien un double à Toulouse.
BO : the Eels - You rock my world (cliquez pour écouter)
jeudi 30 août 2007
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6 commentaires:
"can't remember, was high on heroine" c'était bien?? en tout cas pas très malin:). en espérant que ton bras, ta tête et ton ventre vont bien!
c'était surtout une blague :) si c'était vrai je m'amuserais pas à le raconter sur mon blog, tu te doutes.. et de toute manière ça ne risque pas d'arriver.
bisou
T'as mis le tarif a la carabine, c'est ça qu'est bon :)
yo le roots qui n'en est pas un mais qui est quand même un peu junkie !
"yo"? Kat, depuis quand tu parles comme Holden?
Sinon, moi je la trouve tres drole la blague de l'heroine, si tu veux un jour tu me la refera et on rigolera ensembles... et meme qu'il n'yaura aucunes seringues dans le coin..
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lolikneri havaqatsu
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