
Début de ma dernière semaine à Riga, il me fallait tout de même visiter le 3éme des pays baltes. Après un coup de fil à Simas qui étudiait avec moi à Riga, nous convenons de retrouver le lendemain à la gare routière de Vilnius. Après un voyage de cinq heures sans encombres, me voilà dans la seule capital balte n'étant pas littorale, et qui a longtemps été polonaise.
Je ne vais pas m'étendre sur la visite des sites où encore du musée d'art moderne. Tout valait le coup, mais cela ne saurait trop différer de mes autres comptes rendus. Je voudrais plutôt ici m'intéresser à la principale différente avec les autres pays baltes : les gens.
Riga et Talline faisaient partie de la ligue hanséatique, et sont donc des ports de commerçant. Vilnius, elle a toujours été une ville d'intellectuels. Son université longtemps influencée par la nombreuse diaspora juive fut et demeure très réputée notamment pour ses humanités. De nombreux artistes et intellectuels sont nés ou passés à Vilnius, tels Romain Gary qui y naquit ou Stendhal qui y séjourna.
De fait, j'ai trouvé cette tradition intellectuelle se répercutait sur l'homme de la rue. Si à Riga je trouvais les gens souvent superficiels et préoccupés principalement par l'exposition frénétique de signes extérieurs de richesse, l'habillement ou le comportement des lituaniens m'a semblé beaucoup plus réfléchi, de meilleur goût en somme.
Si les lettons passent leur vie à fuir le regard des autres, les lituaniens n'hésiteront pas à vous regarder et à vous parler, comme une manifestation d'un orgueil à juste titre gonflé par une histoire nettement plus centre-européenne que les deux autres pays baltes. Chez les étudiants, le sourire est de mise, et l'anglais aussi.
Je ne peux pas vous parler de Vilnius sans vous parler du quartier d'Uzupis, qui illustrera bien - je pense- les développements antérieurs.
Ce quartier à la chute du communisme et à l'indépendance était l'un des plus pauvres et délabrés de Vilnius. De fait s'y installèrent majoritairement des artistes et des marginaux.
De fait, en 1992, le quartier proclama son indépendance de la Lituanie mère, établit un poste de frontière symbolique sur le pont, une armée de 6 personnes et une ambassade à Moscou. Fut aussi édictée une constitution, dont le ton mi-comique mi-utopiste m'a laissé en admiration.
"les gens ont le droit de vivre près de la rivière Uzupis, et la rivière Uzupis a le droit de couler près des gens", "chacun a le droit de mourir, mais ce n'est pas une obligation", "tout le monde a le droit d'aimer", "un chat a le droit de ne pas aimer son maître mais lui doit toutefois assistance en cas de necessité" et les derniers articles plus politisés "ne te rends pas". Le lien vers la constitution (en anglais), ici :
Bref une chouette (mais courte) expérience dans une ville définitivement plus intéressante que Riga ou Tallin.

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