Le lendemain (dimanche matin) c'est avec les petits yeux et les jambes lourdes que tout le monde se léve, prêts à aller voir le Palais de Pierre le Grand en dehors de la ville. Il fait froid, mais bonne surprise il fait beau, la ville est encore plus belle sous le ciel bleu d'octobre.
Après une escale au consulat de Pologne pour que nos amis ressortissants polonais puissent exercer leur devoir civique (hahahahahaha Kacinzky a perdu, bonheur !), on se dirige vers une des nombreuses gares pour prendre le train jusqu'au Palais (30km). Gawel nous tire d'affaires en achetant nos billets et on montre dans le train digne de l'URSS pour un agréable voyage d'une demi-heure. Sitôt arrivés on part en quête d'un bus pour rejoindre notre graal du jour, et là bonne surprise : de vieux russes souriants nous aident à trouver notre chemin, allant même jusqu'à traverser le bus entier pour nous signaler notre arrêt. Moi qui avait des préjugés sur les russes avant de partir (notamment liés au quartier où je vis) tout le voyage ne fera que démontrer qu'ils étaient erronés (quoique l'on me souffle dans l'oreillette que c'est différent à Moscou et dans le reste de la Russie, Saint-Petersbourg étant une sorte d'exception).
Et là, c'est le drame tout s'accélére (je devrais écrire des épisodes de Lost, une fois), on arrive au château. Imaginez juste Versailles, quelque part en Russie, un parc monumental (dessiné par un éléve de Le Nôtre, en passant), des dômes dorés, le golfe de finlande au fond, des sculptures, des dépendances, un jardin à la française. Et pleurez, parce que j'ai rarement vu plus beau dans toute ma vie. Seul regrets les fontaines vides (probablement pour pas que le gel fasse imploser les canalisations), mais bon dieu, qu'est ce que c'est beau.
Moi et Ragnhild (Norvége)
Après ces quelques heures à pérégriner on décide de rentrer pour pouvoir profiter du jour pour continuer à visiter Saint-Petersbourg (les journées sont courtes, il y a de la lumière d'environ 10 heures à 18 heures).
Dans le train au retour tout le monde dort, je profite du rembourrage du manteau d'Andréas pour me reposer une petite demi-heure.
Après que Gawel qui voulait me prouver qu'on pouvait prendre une photo dans le métro sans risque eut écopé d'une amende de 100 roubles (3 euros) par un milicien qui rigolait, on se dirige vers le sud de Saint-Petersbourg pour voir la maison des Soviets, sorte d'immense bâtiment devant lequel trône une grande statue de Lenine, qui acceuillait une partie de l'administration soviétique au temps pas si lointain de l'URSS, et en face duquel on trouve un Mac Donald (...).

La maison des soviets
Ceci étant fait on part se promener en ville, au nord, cette fois, et on termine dans un restau géorgien ultra-branché, où l'on mange une sorte de cuisine-nouvelle, absolument délicieuse quoique un peu onéreuse. Après avoir profité un peu de la fin de la soirée autour d'une bouteille de vin, on rentre dormir directement à l'hôtel.Lundi : le matin on se dirige directement vers le musée de la Bloquage de Saint-Petersbourg, qui compte comment la ville à tenté de survivre, encerclée qu'elle était par les allemands en 1942. C'est en fait une sorte de musée de propagande, où l'on voit des images de soldats de l'armée rouge souriants, des tableaux de Staline, des posters de propagande, le tout sans aucune explication anglaise.
(...)
Un peu déçu mais pas étonné (tant le pouvoir en place tente de préserver l'image de la Russie infaillible et impériale), je quitte les lieux. Les autres voulant voir des Mamouths et des Dauphins, et ne voyant pas l'intérêt de faire ça à Saint-Petersbourg je décide de partir seul. Ca fait aussi du bien de me promener seul, parce que un groupe de 6 c'est parfois un peu lent à la décision. Pas de malentendu, hein, j'adore ces gens, et je n'aurais pu passer un meilleur voyage qu'avec eux, mais ceux qui me connaissent le savent, j'ai besoin de ma solitude parfois.
Bref je hâte le pas vers le musée d'histoire politique, espérant y trouver un peu plus d'objectivité, cette fois. Et côté objectivité je ne serai point déçu. Ce musée est une merveille, d'une richesse documentaire incroyable. Toute l'histoire de la Russie y est détaillée à travers des documents originaux (le musée lui même abritant le bureau d'où Lénine prépara la révolution d'octobre 1917 et s'adressa aux travailleurs ce qui devient peu après Petrograd). Pas de concessions avec l'historiographie officielle tout est là, des listes d'éléments pertubateurs envoyés au Goulag aux statistique sur les réformes agraires. Pas d'auto-flagellation, on laisse juste au visiteur son libre arbitre. A noter que dans chaque salle (25) on me remit un classeur épais avec les explications propre à chaque objet (des centaines par salle) en anglais.
Je finis par échouer dans un salon de thé qui passe du jazz, où je me repose un peu autour d'un earl grey et de mon seul livre en anglais restant (un Agatha Christie, ma foi..).
Ensuite ayant l'estomac dans les talons (ce blog est un des fleurons du dicton populaire français) je décide d'aller me goinffrer dans le quartier, un petit restaurant super chouette, étudiant, où les gens viennent me parler gentillement. Les serveurs me soignent (rare à Riga) et le petit pourbire que je leur laisse me vaut qu'ils se précipitent vers la porte pour me l'ouvrir et me tendre ma veste.
Je traîne un peu près du champs de Mars et de Spilled blood que je voulais voir de jour, et voilà ce que ça donne :

Ensuite je rentre dans une église, qui ressemblait un peu au Panthéon, j'ai assisté au service dominical orthodoxe. Je suis profondément agnostique, pourtant la chaleur qui se dégageait de ce lieu, m'a séduit (j'ai vu de la lumière alors je suis entré). Non comme un geste de foi, mais comme un geste de respect, de tolérance, j'ai mis un cierge à brûler.
Je décide de reintégrer mes pénates en métro, ce qui n'est pas une mince affaire étant donné que tout est écrit en cyrillique, j'ai heureusement mon lonely planet (routard américain), et je passe 2 bonnes minutes à comparer les écritures pour trouver mon chemin et ma correspondance. Je suis content de retrouver les autres à l'auberge, et la soirée se passe tranquillement autour d'un peu de vin et de quelques bières, avant de trouver un sommeil bien mérité (je crois que j'ai du marcher au moins 20km).





1 commentaire:
Rha, franchement, ça avait l'air trop bien !!! Surtout la journée à pied, seul. Moi, je surkiffe ça aussi. Etre seule pour visiter de temps en temps. Ca m'embete d'être TOUT le temps avec des gens, donc je te comprends à sang pour sang.
Et c'est avec cette super expression que je fais une transition : dans ton message de samedi, tu as marqué "bon sens" ou "sans", enfin bref, t'as fait une faute.
Et bien sûr que c'est Catherine La Grande nom de Dieu !!! C'est trop classe comme prénom.
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