vendredi 26 octobre 2007

Saint-Petersbourg [Season Finale] Mardi-Mercredi.

J'attendais le mardi avec une grande impatience puisque c'était le jour de la visite du musée de l'Hermitage, lieu le plus connu et le plus emblématique de Saint-Petersbourg, probablement le musée le plus incroyable du monde. Il faut savoir qu'une bonne partie des oeuvres qui y sont exposées ont été ramenées par l'Armée Rouge de leur conquête en Allemagne en 44-45, et qu'elles demeurent à ce titre soumise à diverses revendications.
Avant toute chose nous avons fait une petite escale souvenir dans un marché, et j'ai fait l'acquisition d'un chapeau de fourrure de l'armée russe, d'une chaleur inégalée et qui me sera très utile pour passer le rude hiver riganien (j'ai enfin trouvé l'adjectif, Fanny, si tu me lis, merci).

Oui j'enléverai l'étoile Rouge à Riga.

L'hermitage c'est donc 1000 salles, 60 000 oeuvres exposées et 3 millions en tout dans les réserves. C'est Monnet, Kandinsky, Velasquez, Goya, Picasso, Gauguin, Brueghel, Boticelli, Michel Ange, Rubens, Degas, Carravage, El Greco, Van Dyck, Rembrand, Fragonard, Renoir, Malevich, une collection de bijoux Fabergé, des statues grecques, romaines, des reliques egyptiennes et tant d'autres choses. Un moment incroyable, une grande frustration aussi, il m'aurait fallu 3 jours pour tout voir dans de bonnes conditions, j'ai donc choisi de me limiter aux impressionistes, à la renaissance italienne et flamande, aux peintres espagnols et russes (kandinsky, mon dieu...). Les palais eux-mêmes sont une pure merveille et je ne crois pas avoir vu un tel musée de ma vie, c'est comme si le meilleur du Metropolitan, du Prado du Louvres et d'Orsay était concentré en une seule et même place.

L'ermitage vu de dehors.
Dedans..

Je ne vais pas vous assommer avec des photos d'oeuvres par milliers, elles sont de toute façon dans ma galerie, voici juste celle qui m'a le plus marqué et devant laquelle je suis resté ébahi bien 5 minutes, de Kandinsky :
A la fermeture du musée (ils ont presque du me jeter dehors) on se dirige vers la Cathédrale Saint-Isacc, où l'on escalade les 200 marches pour admirer le paysage de là haut :

Aux grands hommes la patrie reconnaissante ? (comprenne qui pourra).

Après un rapide dîner et une promenade de plus sur Nevsky Prospekt, on rentre à l'auberge non sans se munir au préalable de quelques bouteilles puisque ce soir "on sort". Bon allez je suis pas très fier mais je vous avoue que j'ai pris la cuite la plus magistrale de ma vie, la faute - sans doute - à la fatigue accumulée et à la vodka locale. Une très bonne soirée quand même (sauf la fin, un peu cahotique), avec Gawel, Andréas et Ragnhild. On a rencontré quelques russes avec qui l'on a partagé quelques bières (ben oui moi on m'offre une bière je la bois, hein, je veux pas être impoli). La plus belle femme du monde m'a invité à danser, bref, très bonne soirée.


Nous et quelques locaux très sympathiques.

Bon après un réveil tout aussi cahotique que la fin de soirée (le lecteur me saura ici gré de lui passer les détails), les autres retournent voir les mamouths (enfin prétendument cf. supra) je décide donc d'aller m'acheter des souvenirs au musée d'histoire politique. Je fais donc l'acquisition d'une flasque (pour me réchauffer quand il fera -20C°), quelques cartes postales et deux posters de propagande communiste. La femme est est adorable je lui demande où trouver le bureau de poste, elle m'explique avec les mains, va chercher une collégue, on rit beaucoup, elles finissent par m'inviter pour un thé. Ensuite je pars à la recherche de la poste que je ne trouve pas, j'arrête un jeune russe qui parle un super anglais, il n'est pas du coin, du coup il arrête des passants pour leur demander en russe où c'est et finit par me traduire. Je vais à la poste, écris mes cartes, rigole avec un policier qui me montre comment écrire France en Russe (définitivement c'était ma journée avec des chouettes russes).

Toi aussi trouve la poste russe.



Il me reste deux heures, je décide sans aucune idée d'où c'est de trouver la rue aux proportions parfaites montrée dans les poupées russes (FHVS : film à haute valeur sentimentale). Longue promenade, le long de la Neva, je découvre encore de nouveaux chefs-d'oeuvres, cette ville n'en finit donc jamais de m'étonner. Je pars sur la seule île que je n'ai pas explorée, loin, loin marche des kilométres, et la mort dans l'âme me résouds à prendre le métro. Mais devant la queue de 20 minutes pour rentrer dedans et sachant que j'ai deux correspondances je décide de rentrer à pied. 55 minutes pour faire 7 kilométres (j'ai rendez-vous avec les autres pour aller prendre le bus), c'est à marche forcée et les cuisses en feu que je rentre. Mais il faut croire que le destin avait décidé de me sourire, et c'est presque pas étonné et le sourire en coin que je débouche tout soudain dans la rue aux proportions parfaites, fier de ma bonne étoile.

La rue : 250 x 25 x 25

Je rentre par le consulat de france, situé dans un quartier plutôt sympa :
J'arrive à la minute près totalement éreinté et il faut déjà repartir, pour une course de plus à travers le métro et la gare, pour arriver 20 minutes avant notre bus et déguster une dernière crêpe avant le départ. Tout le monde est un peu triste, et c'est avec une petite boule dans le ventre que je regarde la ville défiler derrière les vitres du bus bondé.

Impossible de dormir mes jambes me font trop mal, du coup je discute tout le long avec Andréas qui ne peut dormir avec son métre 87 (mon roomate ou l'homme le plus bavard du monde). Il m'apprend d'ailleurs que le lundi ils ne sont pas allés aux mamouths car ils ont découvert que c'était fermé devant, et me l'ont fait croire, ce qui lui vaudra au matin un "you're a pathetic loser who cannot keep his mouth shut, we had said that we would tell him after the bus" d'une Ragnhild plutôt ronchonne. Finalement après la frontière passée sans encombres, une femme descend et je peux dormir deux heures, et c'est sans émotion particulière si ce n'est de pouvoir lire à nouveau que je retrouve Riga, ses habitants tristes et ses contrôleurs hargneux. Tous un peu tristes de de séparer après un si beau voyage, et de si beaux moments passés ensemble, on regagne péniblement nos pénates pour un repos bien mérité après un voyage de 13 heures achevé à 8h30 du matin. Spaciba.

2 commentaires:

KaT a dit…

Yeah, Spaciba. Je trouve ça super joli comme mot.
Et sinon, t'as dû mettre des patins non pour l'Ermitage (as-tu réussi à en rouler un à la femme la plus belle du monde ?) (euh, excuse pour les vannes pourries).

Screugneugneuh a dit…

Desolé pour ton FHVS, mais la rue que tu as mise en photo n'est pas celle des Poupées russes !

Voici la vraie ! http://jpadalbera.free.fr/petersbourg/moika_fontanka_nevski/images/rue_rossi.jpg

En tout cas, merci pour ton blog, ca m'a permi un peu de préparer mon voyage !