Il y a eu deux semaines j'ai eu la chance que ma famille me visite, en Lettonie. Super semaine ensemble, visites avec papa, sorties avec le petit frère, shopping et grandes rigolades. Mention spéciale à notre visite à la mer, dans un froid tout sibérien. Mais quel spectacle que Baltique déchainée par le vent glacial, et que cette plage quasiment vide, avant une retraite bien méritée pour une soupe bien chaude.
Sensation étrange également que cette collision entre ma vie de "là-bas" et ma vie d'ici. Je m'étais habitué à être loin de tout et loin de tout le monde, sans le confort de vivre avec ses proches à côté. C'était devenu la normalité que de ne compter que sur soi dans la plupart des cas (maladie, coup de blues), même si les autres sont toujours là...
Alors c'est avec l'estomac un peu serré que je me suis retrouvé dans le bus qui me ramenait chez moi à 7 heures du matin, sous les premiers flocons de l'hiver letton.
Nouveaux projets de voyages aussi. Je vais me réserver un billet pour un week-end à Berlin sous peu, c'est vraiment pas cher avec Easyjet, il me tarde de découvrir la ville et ses expos. Et puis ce sera ma seule incursion en Europe de l'Ouest jusqu'à août prochain, au fond. Puis je vais partir en Finlande rejoindre Nisa (une amie australienne rencontrée à Prague il y a deux ans), d'où nous descendrons en Estonie pour finalement arriver à Riga. Je réfléchis par ailleurs à retourner en Russie, j'aimerais voir Moscou, mais là il est clair que je ne m'y aventurerai pas seul, reste donc à trouver des volontaires pour une expédition moscovite.
Côté stages, j'ai candidaté à Ernst & Young pour Janvier et Février ainsi qu'au département économique du Ministère des affaires étrangéres de la République Lettone, je verrai où je serai pris. Par ailleurs je commence bientôt mon stage au Biznes Diena (en gros l'équivalent du Figaro Economique), où quelqu'un traduira mes articles de l'anglais au letton, la classe américaine quoi.
La vie continue tranquillement, il fait horriblement froid, je commence à m'habituer. Il fait gris tout le temps, alors à l'adresse des gens du Nord et citant de Gaulle, je me contenterai d'un "je vous ai compris". Heureusement la neige est venue égayer mon quotidien et tapisser les rues soudainement devenues très mornes avec le froid et la grisaille.
Toujours beaucoup de travail, trop parfois, je prends le double de crédit que tout le monde, la faute à l'IEP que 30 ECTS n'avaient pas la même valeur relative partout (m'enfin...). Le moment de la rédaction des final papers approche, je suis super intéressé par celui d'anthropologie économique et politique, sur la violence dans les sociétés occidentales.
Beaucoup de fêtes, aussi, parce qu'il faut bien échapper à la grisaille et "tirer un soleil de mon cœur, et de faire De mes pensers brûlants une tiède atmosphère. " (Beaudelaire), grâce à tout le monde, qui fait que je suis chaque jour heureux d'être ici, et que mon ventre se serre déjà à la perspective de repartir.
mercredi 14 novembre 2007
vendredi 9 novembre 2007
N'engage que moi.
On me l'avait dit avant de partir "vous verrez Sébastien, même ceux qui reviennent d'Afrique ont changé de point de vue sur le système universitaire français".
Je me souviens aussi des regards mi-inquiets mi-moqueurs à la perspective de me voir partir étudier à Riga.
Je me souviens depuis ma plus tendre enfance "Sébastien cette année c'est sérieux c'est [le CP/la 6ème, le BEPC, la Première, LE Baccalauréat, la première année de licence, la seconde année de licence - non mais vous ne faisiez pas du droit avant, la licence - cette fois-ci c'est sérieux, l'IEP non mais c'est pas la fac ici, attention tu es dans une GRANDE école".
Foutaises vous dis-je, lesquelles m'auront valu tout au plus 1 semaine de travail en début d'année, avant de me rendre compte que ça n'exigeait rien de plus qu'une lecture la nuit avant le cours, un joli costume (pour les oraux), quelques références et beaucoup de pipeau. Tout ce stress pour chaque fois me rendre compte que cela n'était "que ça".
Alors bon on joue à se faire peur, les professeurs prennent leur rôle très au sérieux, le jeu social le veut, t'es en première année de fac, mon dieu ça va être dur, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, travaille dur, sort peu, lis la jurisprudence, es muss sein mon enfant. Pourtant qu'est ce qu'un partiel de droit ou à l'IEP : ressortir un pauvre cours de 60 pages appris par coeur, le tout dûment saupoudré de quelques références ultra-conventionelles à au choix : Raymond Aron, Maurice Hauriou, Emile Durkheim, Rawls, Maïté...
Ceci étant fait tu peux composer ton introduction sur au choix : le déclin de l'état providence et ses conséquences juridiques au sein de la SARL, ou encore et pour les meilleurs les répercussions du traité de Yalta sur la responsabilité délictuelle en droit des travaux publics, le tout évidemment assorti d'une rituelle référence à l'arrêt BLANCO, TC, 1873, GAJA, Note Hauriou, que tu n'as bien évidemment jamais lu, mais à quoi bon quand on a de si bons résumés.
Bref c'est n'importe quoi et tout le monde se tape dans le dos en ayant l'impression de faire avancer la science, les profs citent Habermas, les élèves pensent qu'il est anglais (comme Bergson), tout va bien dans le meilleur des mondes (écrit par George Orwell, un très bon livre ou Big Brother prend du Soma en appelant les pompiers qui brûlent des livres, Salemalekum).
Ensuite on commente la chute du baril à la maison en citant Hayek, c'est super chouette, et puis PPDA dit que des conneries de toute façon, puisque ça n'était pas marqué dans le Généreux.
C'est là qu'une expérience à l'étranger prend tout son sens. Ce que d'aucuns appelleraient sans hésiter avec un ton plein de compassion un "pays en développement" (bouhouhou qu'est ce que c'est triste tout ça", m'a montré comment la système universitaire français est devenu nauséabond.
Ici les professeurs ne sont pas issus d'un écoeurant système de cooptation notabiliére (là je parle principalement de la fac de droit) où j'en suis à me demander dans quelle mesure les chaires de droit privé sont devenus cessibles et transmissibles de manière multi-génerationelle et discrétionnaire.
Ensuite il n'y a pour ainsi dire pas de cours, le corps de l'apprentissage réside dans un corpus de textes ORIGINAUX à lire, parmi les pères fondateurs ou les auteurs plus à la pointe doctrinale du moment. Le boulot est monstrueux, et il est facile, armé de ses jolies certitudes franco-françaises de rapidement sentir le sol se dérober ses pieds. Un essai par semaine et par matière, une exposé, des séminaires où l'on discute VRAIMENT ce qu'on a lu. A propos des essais, on ne connaît pas ici du légendaire I) A) B) II) A') B'), qui sert probablement à former des stakhanovistes du consensus mou, de vertueux exégètes, de fidèles moines copistes qui vous démontreront en deux parties deux sous parties et avec verve que l'ablation des poches des kangourous australiens est une bonne chose, enfin non, quoique peut-être. Ici je laisse libre court à ma pensée tout en restant scientifique dans mes fondements théoriques et conceptuels, je n'hésite pas à critiquer ouvertement, les idées et doctrines proposées. Il m'est aussi arrivé en anthropologie de prendre des exemples de ma vie courante à côté d'une citation de Marcel Mauss.
Dans les examens ça ne plaisante pas, ça porte sur tout le corpus, 20 questions précises et un essai où apprendre par coeur ne sert à rien, il faut juste être à même de dégager la globalité tout ce que tu as lu, de confronter les idées et de les marier avec les tiennes.
C'est très dur pour les lettons de rentrer dans cette fac (notes à leur "bac", plus une année de prépa terminée par un concours), et très dur d'y rester aussi, on ne les laisse pas se reposer sur leur petites certitudes acquises parce que la grâce les a touché un seul jour dans leur vie (le jour du concours) et qui les fait se sentir infiniment supérieur au reste du monde. Même à la fac, dans un insidieux processus d'auto-valorisation (j'enseigne à l'élite - donc je suis l'élite) on se te fait sentir que tu n'es pas n'importe qui, ce qui est absolument ridicule vu le niveau de réflexion et de de distanciation intellectuelle exigé par la réussite d'études de droit.
Ici tu progresses, chaque jour, et je sais que les 4 mois passés à cette université, malgré l'adversité et les piles de boulot m'auront à la fin beaucoup plus apporté qu'une année en double cursus.
Quand je vois les facs bloquées en France, je ris beaucoup, j'ai envie de dire à tous les Che's des "AJAIS" de venir voir ce qui se fait ici, avec beaucoup moins de moyens. Alors biensûr ce n'est pas l'université de masse, mais les gens qui en sortent finissent tous dans les ministères ou les grosses entreprises du privé. Biensûr tous les éléves ne sont pas bons, et l'on peut s'en sortir à minima. Biensûr cette université est un peu une exception, comparé aux autres université de Lettonie. Oui c'est ultra-darwiniste socialement, oui c'est élitiste et sélectif (et pourtant une sociologie empirique de mon université me dit que les étudiants sont en majorité issus de la classe moyenne urbaine), mais c'est à ce prix qu'on forme des Hommes et des Citoyens, au lieu de toujours plus niveler par le bas, au prix de la réflexion et de la liberté de la pensée.
Disclaimer : avant de me faire lapider, non je ne dis pas que c'est parfait ailleurs, je ne jette en aucun cas la pierre aux professeurs ni aux éléves qui font globalement ce qu'ils peuvent du mieux qu'ils le peuvent avec les moyens qui ont. Je remets juste en question une politique globale et une culture d'institution (et je ne parle pas que de notre cher IEP dans ce post) qui ont une forte tendance à faire voir tout en beau et rose.
Voilà après un bon crachat dans la soupe vous reprendrez bien un peu d'eau dans votre vin ?
Je me souviens aussi des regards mi-inquiets mi-moqueurs à la perspective de me voir partir étudier à Riga.
Je me souviens depuis ma plus tendre enfance "Sébastien cette année c'est sérieux c'est [le CP/la 6ème, le BEPC, la Première, LE Baccalauréat, la première année de licence, la seconde année de licence - non mais vous ne faisiez pas du droit avant, la licence - cette fois-ci c'est sérieux, l'IEP non mais c'est pas la fac ici, attention tu es dans une GRANDE école".
Foutaises vous dis-je, lesquelles m'auront valu tout au plus 1 semaine de travail en début d'année, avant de me rendre compte que ça n'exigeait rien de plus qu'une lecture la nuit avant le cours, un joli costume (pour les oraux), quelques références et beaucoup de pipeau. Tout ce stress pour chaque fois me rendre compte que cela n'était "que ça".
Alors bon on joue à se faire peur, les professeurs prennent leur rôle très au sérieux, le jeu social le veut, t'es en première année de fac, mon dieu ça va être dur, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, travaille dur, sort peu, lis la jurisprudence, es muss sein mon enfant. Pourtant qu'est ce qu'un partiel de droit ou à l'IEP : ressortir un pauvre cours de 60 pages appris par coeur, le tout dûment saupoudré de quelques références ultra-conventionelles à au choix : Raymond Aron, Maurice Hauriou, Emile Durkheim, Rawls, Maïté...
Ceci étant fait tu peux composer ton introduction sur au choix : le déclin de l'état providence et ses conséquences juridiques au sein de la SARL, ou encore et pour les meilleurs les répercussions du traité de Yalta sur la responsabilité délictuelle en droit des travaux publics, le tout évidemment assorti d'une rituelle référence à l'arrêt BLANCO, TC, 1873, GAJA, Note Hauriou, que tu n'as bien évidemment jamais lu, mais à quoi bon quand on a de si bons résumés.
Bref c'est n'importe quoi et tout le monde se tape dans le dos en ayant l'impression de faire avancer la science, les profs citent Habermas, les élèves pensent qu'il est anglais (comme Bergson), tout va bien dans le meilleur des mondes (écrit par George Orwell, un très bon livre ou Big Brother prend du Soma en appelant les pompiers qui brûlent des livres, Salemalekum).
Ensuite on commente la chute du baril à la maison en citant Hayek, c'est super chouette, et puis PPDA dit que des conneries de toute façon, puisque ça n'était pas marqué dans le Généreux.
C'est là qu'une expérience à l'étranger prend tout son sens. Ce que d'aucuns appelleraient sans hésiter avec un ton plein de compassion un "pays en développement" (bouhouhou qu'est ce que c'est triste tout ça", m'a montré comment la système universitaire français est devenu nauséabond.
Ici les professeurs ne sont pas issus d'un écoeurant système de cooptation notabiliére (là je parle principalement de la fac de droit) où j'en suis à me demander dans quelle mesure les chaires de droit privé sont devenus cessibles et transmissibles de manière multi-génerationelle et discrétionnaire.
Ensuite il n'y a pour ainsi dire pas de cours, le corps de l'apprentissage réside dans un corpus de textes ORIGINAUX à lire, parmi les pères fondateurs ou les auteurs plus à la pointe doctrinale du moment. Le boulot est monstrueux, et il est facile, armé de ses jolies certitudes franco-françaises de rapidement sentir le sol se dérober ses pieds. Un essai par semaine et par matière, une exposé, des séminaires où l'on discute VRAIMENT ce qu'on a lu. A propos des essais, on ne connaît pas ici du légendaire I) A) B) II) A') B'), qui sert probablement à former des stakhanovistes du consensus mou, de vertueux exégètes, de fidèles moines copistes qui vous démontreront en deux parties deux sous parties et avec verve que l'ablation des poches des kangourous australiens est une bonne chose, enfin non, quoique peut-être. Ici je laisse libre court à ma pensée tout en restant scientifique dans mes fondements théoriques et conceptuels, je n'hésite pas à critiquer ouvertement, les idées et doctrines proposées. Il m'est aussi arrivé en anthropologie de prendre des exemples de ma vie courante à côté d'une citation de Marcel Mauss.
Dans les examens ça ne plaisante pas, ça porte sur tout le corpus, 20 questions précises et un essai où apprendre par coeur ne sert à rien, il faut juste être à même de dégager la globalité tout ce que tu as lu, de confronter les idées et de les marier avec les tiennes.
C'est très dur pour les lettons de rentrer dans cette fac (notes à leur "bac", plus une année de prépa terminée par un concours), et très dur d'y rester aussi, on ne les laisse pas se reposer sur leur petites certitudes acquises parce que la grâce les a touché un seul jour dans leur vie (le jour du concours) et qui les fait se sentir infiniment supérieur au reste du monde. Même à la fac, dans un insidieux processus d'auto-valorisation (j'enseigne à l'élite - donc je suis l'élite) on se te fait sentir que tu n'es pas n'importe qui, ce qui est absolument ridicule vu le niveau de réflexion et de de distanciation intellectuelle exigé par la réussite d'études de droit.
Ici tu progresses, chaque jour, et je sais que les 4 mois passés à cette université, malgré l'adversité et les piles de boulot m'auront à la fin beaucoup plus apporté qu'une année en double cursus.
Quand je vois les facs bloquées en France, je ris beaucoup, j'ai envie de dire à tous les Che's des "AJAIS" de venir voir ce qui se fait ici, avec beaucoup moins de moyens. Alors biensûr ce n'est pas l'université de masse, mais les gens qui en sortent finissent tous dans les ministères ou les grosses entreprises du privé. Biensûr tous les éléves ne sont pas bons, et l'on peut s'en sortir à minima. Biensûr cette université est un peu une exception, comparé aux autres université de Lettonie. Oui c'est ultra-darwiniste socialement, oui c'est élitiste et sélectif (et pourtant une sociologie empirique de mon université me dit que les étudiants sont en majorité issus de la classe moyenne urbaine), mais c'est à ce prix qu'on forme des Hommes et des Citoyens, au lieu de toujours plus niveler par le bas, au prix de la réflexion et de la liberté de la pensée.
Disclaimer : avant de me faire lapider, non je ne dis pas que c'est parfait ailleurs, je ne jette en aucun cas la pierre aux professeurs ni aux éléves qui font globalement ce qu'ils peuvent du mieux qu'ils le peuvent avec les moyens qui ont. Je remets juste en question une politique globale et une culture d'institution (et je ne parle pas que de notre cher IEP dans ce post) qui ont une forte tendance à faire voir tout en beau et rose.
Voilà après un bon crachat dans la soupe vous reprendrez bien un peu d'eau dans votre vin ?
vendredi 26 octobre 2007
Saint-Petersbourg [Pilot] there we were.
Voilà je suis rentré de Russie. J'ai décidé de tout raconter en détail, parce que je veux me souvenir de ce voyage, voilà plus ou moins l'intégralité de ce que j'ai vécu "là-bas". C'est conforme à la taille de la ville, très long, mais j'ai voulu relater l'entiéreté d'une expérience absolument inoubliable.
En quelques mots Saint-Petersbourg ce fut :
-Surprenant : de part la gentillesse pas forcément attendue des russes, de part aussi le gigantisme de la ville.
-Beau, chaque coin de rue est une surprise, une découverte, un monument fantastique.
-Une expérience géniale avec mes amis erasmus, pas de tensions, même avec la fatigue, même si parfois c'était un peu long de prendre une décision.
-Froid.
-Grand : même superficie que New-York, 4.6 millions d'habitant, des lignes de métros de 30 km dont les stations sont séparées de 2 ou 3 km.
-Enrichissant (musée de l'ermitage, musée d'histoire politique).
-Un voyage fatiguant mais très drôle avec le groupe de petit rigolos qu'on était.
-Aucun problème avec la police ou les militaires.
-Une ville sûre, au moins le jour.
-Des kilométres marchés (au moins 20 par jour, pour sûr) des courbatures des ampoules, mais des sourires sur les visages quand même.
-Des blagues débiles.
Avant-propos : mon récit vous semblera probablement candide, naïf. Mais je suis retourné en enfance dans cette ville, j'avais des grands yeux tout le temps, et rien n'est jamais venu entâcher ce bonheur, d'être là, avec mes amis.
Je n'oublie cependant pas en aucune mesure tous les problèmes affectant la Russie, notamment en terme de pauvreté, de droits de l'homme, de criminalité et de dictature.
Je me contenterai de citer le Candide de Voltaire après le tremblement de terre de Lisbonne "ce fut un bel autodaphé".
Ces textes reflétent mon expérience et je connais par ailleurs beaucoup de gens ayant eu des problèmes en Russie, mais ce voyage restera vraiment unique pour moi.
Je vous prie de m'excuser par ailleurs pour les fautes et erreurs de syntaxes que vous trouverez ça et là, je viens d'écrire ces quatre textes à la suite, et n'ai aucunement le courage de me relire pour l'instant, vos emails correctifs sont les bienvenus et je ne m'offenserai en aucun cas d'une petite aide (si jamais quelqu'un lit tout).
Vous pouvez par ailleurs trouver les meilleures photos ici (j'ai changé de galerie je vais transférer celles de Riga sur celle-ci).
Ca commence par le bas.
Sébastien, des étoiles plein les yeux.
En quelques mots Saint-Petersbourg ce fut :
-Surprenant : de part la gentillesse pas forcément attendue des russes, de part aussi le gigantisme de la ville.
-Beau, chaque coin de rue est une surprise, une découverte, un monument fantastique.
-Une expérience géniale avec mes amis erasmus, pas de tensions, même avec la fatigue, même si parfois c'était un peu long de prendre une décision.
-Froid.
-Grand : même superficie que New-York, 4.6 millions d'habitant, des lignes de métros de 30 km dont les stations sont séparées de 2 ou 3 km.
-Enrichissant (musée de l'ermitage, musée d'histoire politique).
-Un voyage fatiguant mais très drôle avec le groupe de petit rigolos qu'on était.
-Aucun problème avec la police ou les militaires.
-Une ville sûre, au moins le jour.
-Des kilométres marchés (au moins 20 par jour, pour sûr) des courbatures des ampoules, mais des sourires sur les visages quand même.
-Des blagues débiles.
Avant-propos : mon récit vous semblera probablement candide, naïf. Mais je suis retourné en enfance dans cette ville, j'avais des grands yeux tout le temps, et rien n'est jamais venu entâcher ce bonheur, d'être là, avec mes amis.
Je n'oublie cependant pas en aucune mesure tous les problèmes affectant la Russie, notamment en terme de pauvreté, de droits de l'homme, de criminalité et de dictature.
Je me contenterai de citer le Candide de Voltaire après le tremblement de terre de Lisbonne "ce fut un bel autodaphé".
Ces textes reflétent mon expérience et je connais par ailleurs beaucoup de gens ayant eu des problèmes en Russie, mais ce voyage restera vraiment unique pour moi.
Je vous prie de m'excuser par ailleurs pour les fautes et erreurs de syntaxes que vous trouverez ça et là, je viens d'écrire ces quatre textes à la suite, et n'ai aucunement le courage de me relire pour l'instant, vos emails correctifs sont les bienvenus et je ne m'offenserai en aucun cas d'une petite aide (si jamais quelqu'un lit tout).
Vous pouvez par ailleurs trouver les meilleures photos ici (j'ai changé de galerie je vais transférer celles de Riga sur celle-ci).
Ca commence par le bas.
Sébastien, des étoiles plein les yeux.
Saint-Petersbourg [Season Finale] Mardi-Mercredi.
J'attendais le mardi avec une grande impatience puisque c'était le jour de la visite du musée de l'Hermitage, lieu le plus connu et le plus emblématique de Saint-Petersbourg, probablement le musée le plus incroyable du monde. Il faut savoir qu'une bonne partie des oeuvres qui y sont exposées ont été ramenées par l'Armée Rouge de leur conquête en Allemagne en 44-45, et qu'elles demeurent à ce titre soumise à diverses revendications.
Avant toute chose nous avons fait une petite escale souvenir dans un marché, et j'ai fait l'acquisition d'un chapeau de fourrure de l'armée russe, d'une chaleur inégalée et qui me sera très utile pour passer le rude hiver riganien (j'ai enfin trouvé l'adjectif, Fanny, si tu me lis, merci).
L'hermitage c'est donc 1000 salles, 60 000 oeuvres exposées et 3 millions en tout dans les réserves. C'est Monnet, Kandinsky, Velasquez, Goya, Picasso, Gauguin, Brueghel, Boticelli, Michel Ange, Rubens, Degas, Carravage, El Greco, Van Dyck, Rembrand, Fragonard, Renoir, Malevich, une collection de bijoux Fabergé, des statues grecques, romaines, des reliques egyptiennes et tant d'autres choses. Un moment incroyable, une grande frustration aussi, il m'aurait fallu 3 jours pour tout voir dans de bonnes conditions, j'ai donc choisi de me limiter aux impressionistes, à la renaissance italienne et flamande, aux peintres espagnols et russes (kandinsky, mon dieu...). Les palais eux-mêmes sont une pure merveille et je ne crois pas avoir vu un tel musée de ma vie, c'est comme si le meilleur du Metropolitan, du Prado du Louvres et d'Orsay était concentré en une seule et même place.

L'ermitage vu de dehors.
Dedans..
Avant toute chose nous avons fait une petite escale souvenir dans un marché, et j'ai fait l'acquisition d'un chapeau de fourrure de l'armée russe, d'une chaleur inégalée et qui me sera très utile pour passer le rude hiver riganien (j'ai enfin trouvé l'adjectif, Fanny, si tu me lis, merci).
L'hermitage c'est donc 1000 salles, 60 000 oeuvres exposées et 3 millions en tout dans les réserves. C'est Monnet, Kandinsky, Velasquez, Goya, Picasso, Gauguin, Brueghel, Boticelli, Michel Ange, Rubens, Degas, Carravage, El Greco, Van Dyck, Rembrand, Fragonard, Renoir, Malevich, une collection de bijoux Fabergé, des statues grecques, romaines, des reliques egyptiennes et tant d'autres choses. Un moment incroyable, une grande frustration aussi, il m'aurait fallu 3 jours pour tout voir dans de bonnes conditions, j'ai donc choisi de me limiter aux impressionistes, à la renaissance italienne et flamande, aux peintres espagnols et russes (kandinsky, mon dieu...). Les palais eux-mêmes sont une pure merveille et je ne crois pas avoir vu un tel musée de ma vie, c'est comme si le meilleur du Metropolitan, du Prado du Louvres et d'Orsay était concentré en une seule et même place.
L'ermitage vu de dehors.
Je ne vais pas vous assommer avec des photos d'oeuvres par milliers, elles sont de toute façon dans ma galerie, voici juste celle qui m'a le plus marqué et devant laquelle je suis resté ébahi bien 5 minutes, de Kandinsky :
A la fermeture du musée (ils ont presque du me jeter dehors) on se dirige vers la Cathédrale Saint-Isacc, où l'on escalade les 200 marches pour admirer le paysage de là haut :

Aux grands hommes la patrie reconnaissante ? (comprenne qui pourra).
Nous et quelques locaux très sympathiques.
Aux grands hommes la patrie reconnaissante ? (comprenne qui pourra).Après un rapide dîner et une promenade de plus sur Nevsky Prospekt, on rentre à l'auberge non sans se munir au préalable de quelques bouteilles puisque ce soir "on sort". Bon allez je suis pas très fier mais je vous avoue que j'ai pris la cuite la plus magistrale de ma vie, la faute - sans doute - à la fatigue accumulée et à la vodka locale. Une très bonne soirée quand même (sauf la fin, un peu cahotique), avec Gawel, Andréas et Ragnhild. On a rencontré quelques russes avec qui l'on a partagé quelques bières (ben oui moi on m'offre une bière je la bois, hein, je veux pas être impoli). La plus belle femme du monde m'a invité à danser, bref, très bonne soirée.


Bon après un réveil tout aussi cahotique que la fin de soirée (le lecteur me saura ici gré de lui passer les détails), les autres retournent voir les mamouths (enfin prétendument cf. supra) je décide donc d'aller m'acheter des souvenirs au musée d'histoire politique. Je fais donc l'acquisition d'une flasque (pour me réchauffer quand il fera -20C°), quelques cartes postales et deux posters de propagande communiste. La femme est est adorable je lui demande où trouver le bureau de poste, elle m'explique avec les mains, va chercher une collégue, on rit beaucoup, elles finissent par m'inviter pour un thé. Ensuite je pars à la recherche de la poste que je ne trouve pas, j'arrête un jeune russe qui parle un super anglais, il n'est pas du coin, du coup il arrête des passants pour leur demander en russe où c'est et finit par me traduire. Je vais à la poste, écris mes cartes, rigole avec un policier qui me montre comment écrire France en Russe (définitivement c'était ma journée avec des chouettes russes).
Il me reste deux heures, je décide sans aucune idée d'où c'est de trouver la rue aux proportions parfaites montrée dans les poupées russes (FHVS : film à haute valeur sentimentale). Longue promenade, le long de la Neva, je découvre encore de nouveaux chefs-d'oeuvres, cette ville n'en finit donc jamais de m'étonner. Je pars sur la seule île que je n'ai pas explorée, loin, loin marche des kilométres, et la mort dans l'âme me résouds à prendre le métro. Mais devant la queue de 20 minutes pour rentrer dedans et sachant que j'ai deux correspondances je décide de rentrer à pied. 55 minutes pour faire 7 kilométres (j'ai rendez-vous avec les autres pour aller prendre le bus), c'est à marche forcée et les cuisses en feu que je rentre. Mais il faut croire que le destin avait décidé de me sourire, et c'est presque pas étonné et le sourire en coin que je débouche tout soudain dans la rue aux proportions parfaites, fier de ma bonne étoile.

La rue : 250 x 25 x 25
Il me reste deux heures, je décide sans aucune idée d'où c'est de trouver la rue aux proportions parfaites montrée dans les poupées russes (FHVS : film à haute valeur sentimentale). Longue promenade, le long de la Neva, je découvre encore de nouveaux chefs-d'oeuvres, cette ville n'en finit donc jamais de m'étonner. Je pars sur la seule île que je n'ai pas explorée, loin, loin marche des kilométres, et la mort dans l'âme me résouds à prendre le métro. Mais devant la queue de 20 minutes pour rentrer dedans et sachant que j'ai deux correspondances je décide de rentrer à pied. 55 minutes pour faire 7 kilométres (j'ai rendez-vous avec les autres pour aller prendre le bus), c'est à marche forcée et les cuisses en feu que je rentre. Mais il faut croire que le destin avait décidé de me sourire, et c'est presque pas étonné et le sourire en coin que je débouche tout soudain dans la rue aux proportions parfaites, fier de ma bonne étoile.
La rue : 250 x 25 x 25
Je rentre par le consulat de france, situé dans un quartier plutôt sympa :
J'arrive à la minute près totalement éreinté et il faut déjà repartir, pour une course de plus à travers le métro et la gare, pour arriver 20 minutes avant notre bus et déguster une dernière crêpe avant le départ. Tout le monde est un peu triste, et c'est avec une petite boule dans le ventre que je regarde la ville défiler derrière les vitres du bus bondé.

Impossible de dormir mes jambes me font trop mal, du coup je discute tout le long avec Andréas qui ne peut dormir avec son métre 87 (mon roomate ou l'homme le plus bavard du monde). Il m'apprend d'ailleurs que le lundi ils ne sont pas allés aux mamouths car ils ont découvert que c'était fermé devant, et me l'ont fait croire, ce qui lui vaudra au matin un "you're a pathetic loser who cannot keep his mouth shut, we had said that we would tell him after the bus" d'une Ragnhild plutôt ronchonne. Finalement après la frontière passée sans encombres, une femme descend et je peux dormir deux heures, et c'est sans émotion particulière si ce n'est de pouvoir lire à nouveau que je retrouve Riga, ses habitants tristes et ses contrôleurs hargneux. Tous un peu tristes de de séparer après un si beau voyage, et de si beaux moments passés ensemble, on regagne péniblement nos pénates pour un repos bien mérité après un voyage de 13 heures achevé à 8h30 du matin. Spaciba.
Impossible de dormir mes jambes me font trop mal, du coup je discute tout le long avec Andréas qui ne peut dormir avec son métre 87 (mon roomate ou l'homme le plus bavard du monde). Il m'apprend d'ailleurs que le lundi ils ne sont pas allés aux mamouths car ils ont découvert que c'était fermé devant, et me l'ont fait croire, ce qui lui vaudra au matin un "you're a pathetic loser who cannot keep his mouth shut, we had said that we would tell him after the bus" d'une Ragnhild plutôt ronchonne. Finalement après la frontière passée sans encombres, une femme descend et je peux dormir deux heures, et c'est sans émotion particulière si ce n'est de pouvoir lire à nouveau que je retrouve Riga, ses habitants tristes et ses contrôleurs hargneux. Tous un peu tristes de de séparer après un si beau voyage, et de si beaux moments passés ensemble, on regagne péniblement nos pénates pour un repos bien mérité après un voyage de 13 heures achevé à 8h30 du matin. Spaciba.
Saint-Petersbourg [Part 2] Dimanche - Lundi.
Le lendemain (dimanche matin) c'est avec les petits yeux et les jambes lourdes que tout le monde se léve, prêts à aller voir le Palais de Pierre le Grand en dehors de la ville. Il fait froid, mais bonne surprise il fait beau, la ville est encore plus belle sous le ciel bleu d'octobre.
Après une escale au consulat de Pologne pour que nos amis ressortissants polonais puissent exercer leur devoir civique (hahahahahaha Kacinzky a perdu, bonheur !), on se dirige vers une des nombreuses gares pour prendre le train jusqu'au Palais (30km). Gawel nous tire d'affaires en achetant nos billets et on montre dans le train digne de l'URSS pour un agréable voyage d'une demi-heure. Sitôt arrivés on part en quête d'un bus pour rejoindre notre graal du jour, et là bonne surprise : de vieux russes souriants nous aident à trouver notre chemin, allant même jusqu'à traverser le bus entier pour nous signaler notre arrêt. Moi qui avait des préjugés sur les russes avant de partir (notamment liés au quartier où je vis) tout le voyage ne fera que démontrer qu'ils étaient erronés (quoique l'on me souffle dans l'oreillette que c'est différent à Moscou et dans le reste de la Russie, Saint-Petersbourg étant une sorte d'exception).
Et là, c'est le drame tout s'accélére (je devrais écrire des épisodes de Lost, une fois), on arrive au château. Imaginez juste Versailles, quelque part en Russie, un parc monumental (dessiné par un éléve de Le Nôtre, en passant), des dômes dorés, le golfe de finlande au fond, des sculptures, des dépendances, un jardin à la française. Et pleurez, parce que j'ai rarement vu plus beau dans toute ma vie. Seul regrets les fontaines vides (probablement pour pas que le gel fasse imploser les canalisations), mais bon dieu, qu'est ce que c'est beau.
Moi et Ragnhild (Norvége)
Après ces quelques heures à pérégriner on décide de rentrer pour pouvoir profiter du jour pour continuer à visiter Saint-Petersbourg (les journées sont courtes, il y a de la lumière d'environ 10 heures à 18 heures).
Dans le train au retour tout le monde dort, je profite du rembourrage du manteau d'Andréas pour me reposer une petite demi-heure.
Après que Gawel qui voulait me prouver qu'on pouvait prendre une photo dans le métro sans risque eut écopé d'une amende de 100 roubles (3 euros) par un milicien qui rigolait, on se dirige vers le sud de Saint-Petersbourg pour voir la maison des Soviets, sorte d'immense bâtiment devant lequel trône une grande statue de Lenine, qui acceuillait une partie de l'administration soviétique au temps pas si lointain de l'URSS, et en face duquel on trouve un Mac Donald (...).

La maison des soviets
Ceci étant fait on part se promener en ville, au nord, cette fois, et on termine dans un restau géorgien ultra-branché, où l'on mange une sorte de cuisine-nouvelle, absolument délicieuse quoique un peu onéreuse. Après avoir profité un peu de la fin de la soirée autour d'une bouteille de vin, on rentre dormir directement à l'hôtel.Lundi : le matin on se dirige directement vers le musée de la Bloquage de Saint-Petersbourg, qui compte comment la ville à tenté de survivre, encerclée qu'elle était par les allemands en 1942. C'est en fait une sorte de musée de propagande, où l'on voit des images de soldats de l'armée rouge souriants, des tableaux de Staline, des posters de propagande, le tout sans aucune explication anglaise.
(...)
Un peu déçu mais pas étonné (tant le pouvoir en place tente de préserver l'image de la Russie infaillible et impériale), je quitte les lieux. Les autres voulant voir des Mamouths et des Dauphins, et ne voyant pas l'intérêt de faire ça à Saint-Petersbourg je décide de partir seul. Ca fait aussi du bien de me promener seul, parce que un groupe de 6 c'est parfois un peu lent à la décision. Pas de malentendu, hein, j'adore ces gens, et je n'aurais pu passer un meilleur voyage qu'avec eux, mais ceux qui me connaissent le savent, j'ai besoin de ma solitude parfois.
Bref je hâte le pas vers le musée d'histoire politique, espérant y trouver un peu plus d'objectivité, cette fois. Et côté objectivité je ne serai point déçu. Ce musée est une merveille, d'une richesse documentaire incroyable. Toute l'histoire de la Russie y est détaillée à travers des documents originaux (le musée lui même abritant le bureau d'où Lénine prépara la révolution d'octobre 1917 et s'adressa aux travailleurs ce qui devient peu après Petrograd). Pas de concessions avec l'historiographie officielle tout est là, des listes d'éléments pertubateurs envoyés au Goulag aux statistique sur les réformes agraires. Pas d'auto-flagellation, on laisse juste au visiteur son libre arbitre. A noter que dans chaque salle (25) on me remit un classeur épais avec les explications propre à chaque objet (des centaines par salle) en anglais.
Je finis par échouer dans un salon de thé qui passe du jazz, où je me repose un peu autour d'un earl grey et de mon seul livre en anglais restant (un Agatha Christie, ma foi..).
Ensuite ayant l'estomac dans les talons (ce blog est un des fleurons du dicton populaire français) je décide d'aller me goinffrer dans le quartier, un petit restaurant super chouette, étudiant, où les gens viennent me parler gentillement. Les serveurs me soignent (rare à Riga) et le petit pourbire que je leur laisse me vaut qu'ils se précipitent vers la porte pour me l'ouvrir et me tendre ma veste.
Je traîne un peu près du champs de Mars et de Spilled blood que je voulais voir de jour, et voilà ce que ça donne :

Ensuite je rentre dans une église, qui ressemblait un peu au Panthéon, j'ai assisté au service dominical orthodoxe. Je suis profondément agnostique, pourtant la chaleur qui se dégageait de ce lieu, m'a séduit (j'ai vu de la lumière alors je suis entré). Non comme un geste de foi, mais comme un geste de respect, de tolérance, j'ai mis un cierge à brûler.
Je décide de reintégrer mes pénates en métro, ce qui n'est pas une mince affaire étant donné que tout est écrit en cyrillique, j'ai heureusement mon lonely planet (routard américain), et je passe 2 bonnes minutes à comparer les écritures pour trouver mon chemin et ma correspondance. Je suis content de retrouver les autres à l'auberge, et la soirée se passe tranquillement autour d'un peu de vin et de quelques bières, avant de trouver un sommeil bien mérité (je crois que j'ai du marcher au moins 20km).
Saint-Petersbourg [Part 1] Vendredi - Samedi.
Comme promis voilà le récit de nos aventures russes :
Après avoir bouclé mes derniers essais que je devais faire pour les jours que j'allais manquer (ou comment écrire 45 pages en 4 jours), je pouvais enfin attaquer, impatient, mes valises.
Je rejoignais les autres à la gare routière, et c'est le coeur plein d'impatience et d'excitation que l'on prit place dans le bus à destination de la ville de Pierre le Grand. Ragnhild (Norvége), Ewa, Gawel (Pologne), Nicola et Andréa (Italie), que des gens connus dans les cours de letton en août et avec qui nous ne sommes jamais vraiment quittés.
Le premier contact avec la Russie c'est la frontière. Moi, vous, nous, sommes habitués à l'espace Schengen, à l'UE ou au pays où l'on obtient le visa à l'aéroport. Autant vous dire que la Russie - probablement de part sa situation politique et historique - a conservé une conception toute westphalienne de la frontière. La première chose impressionante c'est la longue queue de camions sur bien 5 kilométres, attendant pour quitter l'UE, il se dit qu'il faut compter jusqu'à 4 ou 5 jours pour passer la douane.
Ensuite on passe les contrôles lettons sans problème avec nos passeports de pays de l'UE. Puis vient le côté russe, on sort du bus, avec nos sacs. Quelle scéne surréaliste que cette frontière Russe au milieu de nul part, dans le froid de 4 heures du matin. Puis on passe nos sacs aux rayons X, sous le regard sévére des soldats russes, et vient enfin le moment du contrôle des passeports. La femme prend le mien et rit au larme devant mon passeport français. Gawel qui parle russe m'explique qu'elle n'est pas habituée à voir des français traverser par cette frontière. Ceci étant elle est souriante et gentille, ce qui m'étonne étant donné tout ce que j'ai pu entendre sur les policiers/militaires russes.
Nous voilà en Russie, et le bus reprend son long chemin au milieu de la campagne russe, surtout boisée (comme la Lettonie). Arrêt au dela du réel à Pskov, il fait froid, on prend l'air et le paysage est vraiment étrange.
Puis c'est l'heure de se rendormir jusqu'aux abords de Saint-Petersbourg, 13 heures après notre départ de Riga. On voit la ville venir de loin, elle est comme plantée après la campagne, il n'y a pas vraiment d'interlude on passe directement des champs aux grands immeubles des faubourgs.
Descendus du bus on trouve le métro, et là c'est le premier choc, certes attendu mais néanmoins assez rude : je ne peux rien lire, à cause de l'alphabet cyrillique. Heureusement Gawel parle plutôt bien russe, et on entame notre descente vers une des lignes de métro les plus profondes du monde (60 métres), qui dure plus de deux minutes sur les escalators.
Sortis de là on se dirige après quelques errances vers notre auberge, très confortable et bien située, où l'on se repose un peu.
Mais malgré la fatigue tout le monde est tellement excité qu'on ne peut pas s'autoriser un somme qui eut pourtant été bienvenu, et on part après un thé bien chaud vers la ville.
Le premier constat est sans appel : il fait froid, très froid. Non pas que l'air soit bien froid mais le vent est pénétrant et glacial, je suis heureux de ma nouvelle veste et de mes deux pulls superposés.
Le second constat ne saurait souffrir contestation non plus. Bon sans qu'est ce que c'est beau. Sitôt attteinte la Neva, on découvre une ville absolument gigantesque (pour idée les lignes de métros font plus de 30 km, c'est aussi grand que New-York), ou pourtant chaque coin de rue révéle une nouvelle surprise. On mache longtemps, très longtemps, vers l'autre côté, où l'on s'attarde un petit peu du côté de la forteresse de Pierre et Paul, avant de revenir par une île sur la Neva. On se restaure rapidement avant de repartir sur Nevsky Prospekt, l'avenue principale (4.6km), absolument magnifique.
La ville est riche, les gens élégants, dans de belles voitures, les boutiques pourraient être à Paris, on sent qu'on est sur la facade europhile de la Russie. On marche jusqu'à ne plus en pouvoir fascinés par cette ville tellement grande et belle. On passe rapidement devant deux de ses grands symboles : le musée de l'hermitage et Spilled Blood church (désolé je ne connais pas la traduction française). On découvre aussi les canaux de la rive gauche de la Neva, absolument magnifiques.
On sent que la vie culturelle est riche : musées, galeries, opéras, theâtres, rien ne manque. Vers 22h après une journée interminable, c'est fourbus mais heureux que l'on rentre dormir pour un repos bien mérité. Pour la première fois depuis un mois (passé majoritairement à écrire des essais) je trouve avec bonheur le sommeil dès la lumière éteinte.
Après avoir bouclé mes derniers essais que je devais faire pour les jours que j'allais manquer (ou comment écrire 45 pages en 4 jours), je pouvais enfin attaquer, impatient, mes valises.
Je rejoignais les autres à la gare routière, et c'est le coeur plein d'impatience et d'excitation que l'on prit place dans le bus à destination de la ville de Pierre le Grand. Ragnhild (Norvége), Ewa, Gawel (Pologne), Nicola et Andréa (Italie), que des gens connus dans les cours de letton en août et avec qui nous ne sommes jamais vraiment quittés.
Le premier contact avec la Russie c'est la frontière. Moi, vous, nous, sommes habitués à l'espace Schengen, à l'UE ou au pays où l'on obtient le visa à l'aéroport. Autant vous dire que la Russie - probablement de part sa situation politique et historique - a conservé une conception toute westphalienne de la frontière. La première chose impressionante c'est la longue queue de camions sur bien 5 kilométres, attendant pour quitter l'UE, il se dit qu'il faut compter jusqu'à 4 ou 5 jours pour passer la douane.
Ensuite on passe les contrôles lettons sans problème avec nos passeports de pays de l'UE. Puis vient le côté russe, on sort du bus, avec nos sacs. Quelle scéne surréaliste que cette frontière Russe au milieu de nul part, dans le froid de 4 heures du matin. Puis on passe nos sacs aux rayons X, sous le regard sévére des soldats russes, et vient enfin le moment du contrôle des passeports. La femme prend le mien et rit au larme devant mon passeport français. Gawel qui parle russe m'explique qu'elle n'est pas habituée à voir des français traverser par cette frontière. Ceci étant elle est souriante et gentille, ce qui m'étonne étant donné tout ce que j'ai pu entendre sur les policiers/militaires russes.
Nous voilà en Russie, et le bus reprend son long chemin au milieu de la campagne russe, surtout boisée (comme la Lettonie). Arrêt au dela du réel à Pskov, il fait froid, on prend l'air et le paysage est vraiment étrange.
Puis c'est l'heure de se rendormir jusqu'aux abords de Saint-Petersbourg, 13 heures après notre départ de Riga. On voit la ville venir de loin, elle est comme plantée après la campagne, il n'y a pas vraiment d'interlude on passe directement des champs aux grands immeubles des faubourgs.
Descendus du bus on trouve le métro, et là c'est le premier choc, certes attendu mais néanmoins assez rude : je ne peux rien lire, à cause de l'alphabet cyrillique. Heureusement Gawel parle plutôt bien russe, et on entame notre descente vers une des lignes de métro les plus profondes du monde (60 métres), qui dure plus de deux minutes sur les escalators.
Sortis de là on se dirige après quelques errances vers notre auberge, très confortable et bien située, où l'on se repose un peu.
Mais malgré la fatigue tout le monde est tellement excité qu'on ne peut pas s'autoriser un somme qui eut pourtant été bienvenu, et on part après un thé bien chaud vers la ville.
Le premier constat est sans appel : il fait froid, très froid. Non pas que l'air soit bien froid mais le vent est pénétrant et glacial, je suis heureux de ma nouvelle veste et de mes deux pulls superposés.
Le second constat ne saurait souffrir contestation non plus. Bon sans qu'est ce que c'est beau. Sitôt attteinte la Neva, on découvre une ville absolument gigantesque (pour idée les lignes de métros font plus de 30 km, c'est aussi grand que New-York), ou pourtant chaque coin de rue révéle une nouvelle surprise. On mache longtemps, très longtemps, vers l'autre côté, où l'on s'attarde un petit peu du côté de la forteresse de Pierre et Paul, avant de revenir par une île sur la Neva. On se restaure rapidement avant de repartir sur Nevsky Prospekt, l'avenue principale (4.6km), absolument magnifique.
La ville est riche, les gens élégants, dans de belles voitures, les boutiques pourraient être à Paris, on sent qu'on est sur la facade europhile de la Russie. On marche jusqu'à ne plus en pouvoir fascinés par cette ville tellement grande et belle. On passe rapidement devant deux de ses grands symboles : le musée de l'hermitage et Spilled Blood church (désolé je ne connais pas la traduction française). On découvre aussi les canaux de la rive gauche de la Neva, absolument magnifiques.
On sent que la vie culturelle est riche : musées, galeries, opéras, theâtres, rien ne manque. Vers 22h après une journée interminable, c'est fourbus mais heureux que l'on rentre dormir pour un repos bien mérité. Pour la première fois depuis un mois (passé majoritairement à écrire des essais) je trouve avec bonheur le sommeil dès la lumière éteinte.
jeudi 11 octobre 2007
The simple life.
Bon la nouvelle majeure de la semaine c'est que j'ai eu un 10 en anthropologie. Après un 8 et 9 (desquels j'étais déjà satisfait), voilà une bonne chose de faite. Enfin en un sens et me connaissant ce n'est pas tant une bonne chose que ça puisque maintenant tout autre note ne me satisfera point.
J'avais mis tout mon corps dans cet essai, vraiment, j'avais dormi deux heures sur mon bureau pour le finir. La perspective de recommencer ne m'excite que très moyennement, quand même. Mais bon pour le plaisir de voir 10 sans autre commentaire, je crois que je le ferai.
Je tiens par ailleurs à remercier nescafé et son immonde café soluble, sans qui rien n'aurait été possible.
J'avais mis tout mon corps dans cet essai, vraiment, j'avais dormi deux heures sur mon bureau pour le finir. La perspective de recommencer ne m'excite que très moyennement, quand même. Mais bon pour le plaisir de voir 10 sans autre commentaire, je crois que je le ferai.
Je tiens par ailleurs à remercier nescafé et son immonde café soluble, sans qui rien n'aurait été possible.
La deuxième bonne nouvelle c'est la sortie du nouveau CD de radiohead que vous pouvez acquérir ici pour le prix que vous voulez.
Jai reçu un colis de mère avec plein de chocolat (néanmoins je n'ai pas mis longtemps à leur faire leur affaire) et de soupe. Drôle de sensation que de voir ce petit bout de ma vie française entrer dans ma vie lettone. Grand plaisir en tout cas que d'aller chercher mon colis à la poste, c'était un peu Noël. A propos de Noël j'annonce que je le passerai ici en Lettonie, on va se louer une maison au bord de la mer pour ce faire.
La semaine prochaine je pars à Saint-Petersbourg avec Andréa, Gawel, Ewa, Nicolas et Ragnhild, je suis impatient comme jamais. Après la kafkaïenne lutte pour obtenir un visa (60 euros pour 6 jours, maintenant on sait comment Poutine va financer ses élections truquées) je peux enfin l'affirmer : je serai à Saint-Petersbourg du 19 au 24 Octobre. Le voyage se fera en bus (13 heures) mais je suis content de pouvoir voir les campagnes russes et lettones à cette occasion.
Il commence à faire sacrément froid par ici, et je dois m'acheter un gros manteau pour la peine. Mais j'ai un dilemme très difficile à résoudre, puisque les beaux manteaux ne sont pas les plus chauds : renoncer à toute velleités stylistiques ou passer l'hiver au chaud dans un manteau matelassé digne d'un rappeur américain ?
Oui je sais pendant ce temps là, au Darfour..
Sinon samedi passé c'était France - Nouvelle-Zélande au pub irlandais. Je crois qu'être à l'étranger exacebe le sentiment national puisque nous devions être une petite dizaine de français à devenir totalement fous pendant ce match. Les 5 dernières minutes ne furent que claquements de dents et poings crispés jusqu'au coup de sifflet, final d'un match stressant. Samedi c'est France-Angleterre, même heure même endroit. Si l'on va en finale je pense que je serai condamné à regarder le match seul avec une vodka à Saint-Petersbourg...
Jai reçu un colis de mère avec plein de chocolat (néanmoins je n'ai pas mis longtemps à leur faire leur affaire) et de soupe. Drôle de sensation que de voir ce petit bout de ma vie française entrer dans ma vie lettone. Grand plaisir en tout cas que d'aller chercher mon colis à la poste, c'était un peu Noël. A propos de Noël j'annonce que je le passerai ici en Lettonie, on va se louer une maison au bord de la mer pour ce faire.
La semaine prochaine je pars à Saint-Petersbourg avec Andréa, Gawel, Ewa, Nicolas et Ragnhild, je suis impatient comme jamais. Après la kafkaïenne lutte pour obtenir un visa (60 euros pour 6 jours, maintenant on sait comment Poutine va financer ses élections truquées) je peux enfin l'affirmer : je serai à Saint-Petersbourg du 19 au 24 Octobre. Le voyage se fera en bus (13 heures) mais je suis content de pouvoir voir les campagnes russes et lettones à cette occasion.
Il commence à faire sacrément froid par ici, et je dois m'acheter un gros manteau pour la peine. Mais j'ai un dilemme très difficile à résoudre, puisque les beaux manteaux ne sont pas les plus chauds : renoncer à toute velleités stylistiques ou passer l'hiver au chaud dans un manteau matelassé digne d'un rappeur américain ?
Oui je sais pendant ce temps là, au Darfour..
Sinon samedi passé c'était France - Nouvelle-Zélande au pub irlandais. Je crois qu'être à l'étranger exacebe le sentiment national puisque nous devions être une petite dizaine de français à devenir totalement fous pendant ce match. Les 5 dernières minutes ne furent que claquements de dents et poings crispés jusqu'au coup de sifflet, final d'un match stressant. Samedi c'est France-Angleterre, même heure même endroit. Si l'on va en finale je pense que je serai condamné à regarder le match seul avec une vodka à Saint-Petersbourg...
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